Review : Vaiana, La Légende du Bout du Monde

Réalisateurs: Ron Clements – John Musker

Genre : Animation

Nationalité : Américain

Avec : Cerise Calixte, Anthony Kavannagh, Mareva Galanter (voix en VF). Auli’i Cravalho, Dwayne Johnson, Nicole Scherzinger (voix en VO)…

Date de sortie : 30 novembre 2016

Durée : 1h43mn

 

 

 

Synopsis:

C’est depuis les îles océaniennes du Pacifique Sud que Vaiana, navigatrice émérite, se mettra à la recherche d’une île mystérieuse afin de sauver son peuple et son île soudainement menacés par un mal bien mystérieux. Au cours de son voyage, elle rencontrera Maui, un demi-dieu costaud et aux tatouages surprenants, qui l’aidera à sillonner les océans et à accomplir un voyage épique empli d’énormes créatures marines, de mondes sous-marins, mais aussi de traditions fort anciennes…

 

 

Comme après chaque aventure Disney, j’en ressors toujours à la fois émerveillée. En effet, les studios Disney possèdent cette force indicible qui enthousiasme et enchante depuis des générations.
Ainsi, Vaiana, la légende du bout du monde, 56e production du géant Disney, ne déroge pas à la règle. En confiant ce projet au duo mythique Ron Clements et John Musker (Basil, détective privé, La Petite Sirène, Aladdin, Hercule…), on retrouve l’esprit des plus grands Disney des années 90 en un magnifique voyage initiatique aux accents écologiques et poétiques.

 

Les +:

Créatif, beau, puissant, le dépaysement est total et l’on est complètement transporté vers le pacifique sud, dans une explosion de couleurs chatoyantes.

C’est donc dans la forme que Vaiana nous touche le plus… l’aspect technique est hautement maîtrisé : l’eau magnifie chaque plan, chaque image, les mouvements sont fluides et naturels, la végétation est complètement sublime, même le mouvement des chevelures et des vêtements sont impressionnant de réalisme. Le tout est époustouflant, d’autant plus qu’il s’agit de la première production entièrement réalisée en images de synthèse pour nos deux réalisateurs.
De plus, les personnages sont tous plus ou moins attachants (petit + pour la personnification de l’océan, qui devient alors un personnage à part entière) et ont le mérite d’être développés convenablement.

On appréciera également le fait que Disney ne cantonne plus ses héroïnes dans le rôle de jolie plante, un peu empotée. À l’instar de ses précurseurs Belle (La Belle et la Bête), Raiponce ou encore Elsa (La Reine des Neiges), Vaiana (ou Moana en VO) symbolise la femme active, émancipée, celle qui a des convictions et va au-delà de ses limites, avec ou sans compagnon. Une femme moderne et autonome, dévouée à son peuple et non en quête d’une romance superflue. Elle devient ainsi la première héroïne Disney qui ne noue aucun lien amoureux avec son protagoniste principal. Est-il important de le souligner ? Oui, je le pense. Cela marque sans conteste une avancée dans l’écriture des héroïnes « disneyiennes » et cela propose différents modèles pour le jeune public. Seul le dépassement de soi et l’aventure prévaut.
Enfin, on reste émue par la dimension écologique que prend le film, et qui n’est pas sans rappeler le final grandiose de Princesse Mononoké. L’harmonie entre la nature et les hommes, et l’équilibre complexe entre l’activité humaine et le respect de cette nature.

Les –:
Malgré son visuel à couper le souffle, Vaiana souffre par son scénario assez formaté et prévisible et par ses chansons calibrées, aux sonorités maintes et maintes fois entendues. En effet, les chansons sont trop nombreuses et sont de qualité assez moyenne. Elles cassent le rythme et deviennent carrément horripilantes à certains moments, excepté peut-être pour « How Far I’ll Go » (« Bleu Lumière » en VF) qui, malgré ses accords entêtants et répétitifs, reste agréable à l’oreille. En effet, il devient de plus en plus difficile de se remémorer une dernière très bonne BO Disney… (mais où est passé le temps de Alan Menken, ou encore de Hans Zimmer et Jerry Goldsmith ?!). Mais ceci appartient à un autre débat…
En revanche, concernant l’humour, on repassera sûrement. En plus d’être redondant (le running gag avec le poulet ou Vaiana transporté par l’océan après avoir été éjecté du bateau), le tout est très forcé et parfois lourd. Mais c’est le scénario bien trop convenu qui, malheureusement, empêche la surprise et nous laisse légèrement sur notre fin.  

 

En bref, Vaiana est une claque visuelle, un pur moment de bonheur pour la rétine mais le scénario reste cependant en demi-teinte. Toutefois, Disney rappelle encore que le cinéma d’animation reste un grand générateur d’émotions et d’escapades…