Review: La La Land

Réalisateur: Damien Chazelle

Acteurs: Ryan Gosling, Emma Stone, John Legend, J.K. Simmons

Genre: Romance, Comédie musicale

Nationalité: Américain

Date de sortie: 25 janvier 2017

Durée: 126mn

 

 

 

 

Probablement par pure esprit de contradiction, j’ai une nette tendance à me méfier de ces œuvres artistiquement calibrées pour les Oscars (on dénombre déjà pas moins de 14 nominations), dont la campagne promotionnelle oppressante (car omniprésente) créée un bloc massif d’engouement venant à la fois de la part de la presse et des spectateurs. Quand on se sent «obligé» d’aimer un film qui fait consensus, j’aurai fatalement besoin de chercher la petite bête. Or, La La Land est tout de même surprenant… Je dois tout de même dire que j’ai passé un bon moment, mais si le film n’est pas exempt de défauts… Malgré le nombre incalculable de citations aux grands classiques de la comédie musicale, ce long-métrage reste très franchement inégal.

 

Synopsis:

Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance.

 

D’entrée, ce qui gêne dans La La Land reste probablement ce fétichisme envers l’âge d’or hollywoodien assez entêtant, voir carrément redondant. Car oui, La La Land convoque des hommages si lourdement qu’il est difficile de ne pas entrer dans la comparaison. Que Damien Chazelle le veuille ou non, il se mesure forcément aux Demy, Donen, Minnelli… Que ce soit au niveau de la BO de Justin Hurwitz, totalement banale et facile, ou encore des chorégraphies généralement pauvres ; on reste du coup dans ce cadre peu original et finalement peu attachant, par rapport à tous les modèles évoqués durant tout le long du film. Pour revenir brièvement à la BO, Justin Hurwitz semble se contenter de peu, en répétant à plusieurs reprises les mêmes thèmes (en changeant très légèrement les variations autour) et crée ainsi une partition joli certes mais ô combien ennuyante. Quant aux prestations à proprement parlé, Ryan Gosling et Emma Stone font de leur mieux, mais le résultat n’est pas à la hauteur de ce que la promotion nous vantait. Emma Stone aura ceci dit le mérite de chanter juste (bien que faiblement). C’est bien plus compliqué pour Ryan Gosling qui, cela dit, aura eu la «chance» d’avoir une chanson composée de 3 notes 1/2 pour limiter la casse (City of Stars). Malheureusement, leur manque de prestance vocale et de coffre est assez raccord avec la part réaliste du film, mais cela dessert complètement le côté comédie musicale. On s’étonne également que le jazz ne soit pas plus mis à l’honneur, surtout quand le personnage principal s’en dit «puriste»… On essaiera aussi de fermer les yeux face au désastre que représente le développement des personnages secondaires (rip J.K. Simmons), comme si chacune de leur présence était purement anecdotique. Finalement, ce qui est assez décevant aussi, c’est de se dire qu’un film de la stature de La La Land n’arrive pas à engendrer autant d’émotions que les œuvre auxquelles il aime tant se référer.

 

 

 

 

Le visuel

Toutefois, un des atouts principales (et indéniable) de La La Land reste très certainement son esthétique qui fait directement échos à ses prédécesseurs, les comédies musicales des années 50 et 60. En effet, ce travail très contrasté des couleurs fascine notre rétine et nous rappellent les œuvres de Jacques Demy (la scène d’introduction par exemple, qui fait référence à celle des Demoiselles de Rochefort) ou encore Vincente Minnelli (le final qui, bien évidemment, est directement inspiré de celui d’un Américain à Paris). De plus, on notera le travail très évocateur des costumes qui renvoient instinctivement à un sentiment bien précis.

En effet, dans La La Land, les couleurs ont un rôle et une signification bien précise, et seront en constante évolution tout le long du film. Le format chapitré sous forme de saisons marque les transitions entre ces diverses couleurs, et parallèlement entre les sentiments des personnages principaux. Durant toute la première partie, on remarque le travail sur les couleurs primaires (bleu, jaune et rouge), notamment à travers les costumes. Ainsi, la robe bleue de Mia est l’expression des rêves, du fantasme, de la candeur et du besoin de découverte de ce personnage. La robe bleue, qui transitera vers la robe jaune, symbolisme de la joie, de son ouverture à l’amour (cf la première scène de danse entre Mia et Sebastian, et les débuts de leur relation), mais également de sa confiance en soi (on notera cependant la redondance du bleu à travers l’éclairage ou autres textures, qui baigne nos personnages et rappelle doucement la part onirique de chaque scène). 

Puis avec sa deuxième partie, le film devient alors un traité acerbe de la désillusion amoureuse sur un fond caractérisé par les aspirations professionnelles contrariées. Les couleurs deviennent alors plus ternes, plus proches de la réalité. On s’affranchit petit à petit de l’aspect comédie musicale pour laisser place à un plus grand réalisme.
On notera également que l’esthétisme de La La Land n’est pas sans rappeler celle du peintre naturaliste Edward Hopper (dont on aperçoit un tableau à un moment). Les plans nocturnes rappellent particulièrement certaines de ses œuvres comme «Nighthawks» , «New York Movie», ou encore «Summer». On note une prédominance des couleurs primaires, un travail important sur la lumière (souvent isolée, actrice à part entière de la scène qu’elle illustre), ainsi que des couleurs très contrastées. Le parallèle devient évident, en particulier avec la scène de danse entre Mia et Sebastian, après l’observatoire.
Toute la fascination pour les paysages urbains, l’Amérique, qu’avait Edward Hopper, se retranscrit parfaitement aussi dans l’œuvre de Damien Chazelle.
On peut également faire un parallèle avec l’esthétique de Paris Texas (Wim Wenders – 1984) et ses lumières artificielles aux teintes très saturées.

 

 


Les allers retours entre réalité et fantasmes, illusions et vérité

Mais là où le film devient tout de même bon, c’est lorsqu’il se détache de ses parties chorales. Effectivement, la seconde moitié du film distille lentement mais sûrement une impression plus amère. En effet, à travers Los Angeles et Hollywood, symbolisme des rêves qui se réalisent, Damien Chazelle amène une poignante allégorie des illusions perdues, autour de cette machine à rêves. Le film quitte ce conte musical féerique, pour atterrir dans la réalité, celle des difficultés économiques, du renoncement, des promesses non tenues, des rêves brisés. Se pose alors un questionnement assez intéressant… Doit-on renoncer à son intégrité artistique le temps de se donner les moyens de concrétiser un rêve? A quel moment l’espoir d’un métier devient-il un fantasme? Là, réside véritablement tout l’intérêt du film… Car derrière l’emballage éclatant et bariolé de ce conte, se cache un récit fataliste sur la poursuite des rêves.

A ceci s’ajoute une histoire d’amour contrariée par la dure réalité de l’existence (mais assommée par de trop nombreux clichés malheureusement). Effectivement, la vision de Damien Chazelle sur l’amour demeure assez cynique. Notamment dans la scène finale qui, sous forme de flashback, laisse entrapercevoir les fantasmes (ou les regrets) de Mia et/ou Sebastian. Cette séquence est toutefois très intéressante car, en plus d’être non conventionnelle, elle souligne le fait que la vie apporte sont lot de désillusions, surtout lorsque l‘on souhaite se réaliser individuellement. Permettant ainsi à chacun de s’élever, et finalement de se sentir mieux qu’avant. L’épanouissement individuelle est possible, ainsi que le bonheur, loin des happy ending classiques, de l’amour éternel et d’un être idéal qui n’existe pas.

 

 

Petit drame sentimental (en demi teintes) maquillé assez sublimement en grand film de l’âge d’or Hollywoodien,  qui a le mérite de mettre en lumière les grands classiques, mais aussi de dénoncer la machine à rêves hollywoodienne qui amène à l’aliénation et aux désillusions.

 

Review : Vaiana, La Légende du Bout du Monde

Réalisateurs: Ron Clements – John Musker

Genre : Animation

Nationalité : Américain

Avec : Cerise Calixte, Anthony Kavannagh, Mareva Galanter (voix en VF). Auli’i Cravalho, Dwayne Johnson, Nicole Scherzinger (voix en VO)…

Date de sortie : 30 novembre 2016

Durée : 1h43mn

 

 

 

Synopsis:

C’est depuis les îles océaniennes du Pacifique Sud que Vaiana, navigatrice émérite, se mettra à la recherche d’une île mystérieuse afin de sauver son peuple et son île soudainement menacés par un mal bien mystérieux. Au cours de son voyage, elle rencontrera Maui, un demi-dieu costaud et aux tatouages surprenants, qui l’aidera à sillonner les océans et à accomplir un voyage épique empli d’énormes créatures marines, de mondes sous-marins, mais aussi de traditions fort anciennes…

 

 

Comme après chaque aventure Disney, j’en ressors toujours à la fois émerveillée. En effet, les studios Disney possèdent cette force indicible qui enthousiasme et enchante depuis des générations.
Ainsi, Vaiana, la légende du bout du monde, 56e production du géant Disney, ne déroge pas à la règle. En confiant ce projet au duo mythique Ron Clements et John Musker (Basil, détective privé, La Petite Sirène, Aladdin, Hercule…), on retrouve l’esprit des plus grands Disney des années 90 en un magnifique voyage initiatique aux accents écologiques et poétiques.

 

Les +:

Créatif, beau, puissant, le dépaysement est total et l’on est complètement transporté vers le pacifique sud, dans une explosion de couleurs chatoyantes.

C’est donc dans la forme que Vaiana nous touche le plus… l’aspect technique est hautement maîtrisé : l’eau magnifie chaque plan, chaque image, les mouvements sont fluides et naturels, la végétation est complètement sublime, même le mouvement des chevelures et des vêtements sont impressionnant de réalisme. Le tout est époustouflant, d’autant plus qu’il s’agit de la première production entièrement réalisée en images de synthèse pour nos deux réalisateurs.
De plus, les personnages sont tous plus ou moins attachants (petit + pour la personnification de l’océan, qui devient alors un personnage à part entière) et ont le mérite d’être développés convenablement.

On appréciera également le fait que Disney ne cantonne plus ses héroïnes dans le rôle de jolie plante, un peu empotée. À l’instar de ses précurseurs Belle (La Belle et la Bête), Raiponce ou encore Elsa (La Reine des Neiges), Vaiana (ou Moana en VO) symbolise la femme active, émancipée, celle qui a des convictions et va au-delà de ses limites, avec ou sans compagnon. Une femme moderne et autonome, dévouée à son peuple et non en quête d’une romance superflue. Elle devient ainsi la première héroïne Disney qui ne noue aucun lien amoureux avec son protagoniste principal. Est-il important de le souligner ? Oui, je le pense. Cela marque sans conteste une avancée dans l’écriture des héroïnes « disneyiennes » et cela propose différents modèles pour le jeune public. Seul le dépassement de soi et l’aventure prévaut.
Enfin, on reste émue par la dimension écologique que prend le film, et qui n’est pas sans rappeler le final grandiose de Princesse Mononoké. L’harmonie entre la nature et les hommes, et l’équilibre complexe entre l’activité humaine et le respect de cette nature.

Les –:
Malgré son visuel à couper le souffle, Vaiana souffre par son scénario assez formaté et prévisible et par ses chansons calibrées, aux sonorités maintes et maintes fois entendues. En effet, les chansons sont trop nombreuses et sont de qualité assez moyenne. Elles cassent le rythme et deviennent carrément horripilantes à certains moments, excepté peut-être pour « How Far I’ll Go » (« Bleu Lumière » en VF) qui, malgré ses accords entêtants et répétitifs, reste agréable à l’oreille. En effet, il devient de plus en plus difficile de se remémorer une dernière très bonne BO Disney… (mais où est passé le temps de Alan Menken, ou encore de Hans Zimmer et Jerry Goldsmith ?!). Mais ceci appartient à un autre débat…
En revanche, concernant l’humour, on repassera sûrement. En plus d’être redondant (le running gag avec le poulet ou Vaiana transporté par l’océan après avoir été éjecté du bateau), le tout est très forcé et parfois lourd. Mais c’est le scénario bien trop convenu qui, malheureusement, empêche la surprise et nous laisse légèrement sur notre fin.  

 

En bref, Vaiana est une claque visuelle, un pur moment de bonheur pour la rétine mais le scénario reste cependant en demi-teinte. Toutefois, Disney rappelle encore que le cinéma d’animation reste un grand générateur d’émotions et d’escapades…

 

 

Review – The Road Within

Présenté en compétition cette année au Champs Elysées Film Festival, The Road Within est le premier long-métrage de la réalisatrice américaine Gren Wells. Déjà titulaire d’un prix du meilleur film au Festival de Rome, il est ici reparti avec le prix du public du long-métrage américain.

Remake du film allemand Vincent, ses amis et sa mère, The Road Within reprend exactement la même trame et transpose l’histoire aux Etats-Unis. : Vincent, atteint du syndrome de la Tourette vient de perdre sa mère, la seule personne présente à ses côtés, et se retrouve envoyé en centre spécialisé par son politicien de père afin d’éviter tout esclandre dans sa campagne. Vincent fait alors la rencontre de Marie (Zoe Kravitz), jeune anorexique et Alex (Dev Patel), souffrant de sévères TOC. Les trois jeunes décident de s’échapper du centre pour sillonner les routes des Etats-Unis afin d’exaucer le dernier souhait de la mère de Vincent : revoir l’océan une dernière fois.

TheRoadWithin-4

Une comédie attachante

Le film aborde la différence de manière subtile et attachante. Vincent souffre depuis toujours de sa maladie. Le regard des autres lui est tellement insupportable qu’il n’ose plus faire des choses anodines comme aller au supermarché. Envoyé de force dans ce centre spécialisé, il va se rendre compte qu’il n’est pas le seul à souffrir de sa différence et sa rencontre avec Marie et Alex va le transformer.

Le film traite certes d’un sujet sérieux mais toujours avec humour, ici on ose même se moquer des TOC ou du syndrome de Tourette sans jamais tomber dans l’excès. La réalisatrice, présente durant la projection nous a assuré avoir eu sur le plateau, à ses côtés, le soutien et les conseils d’un jeune atteint du syndrome afin de s’assurer du réalisme des scènes de crise. Ces crises, justement, ont permis de révéler l’acteur interprétant Vincent, le jeune irlandais Robert Sheehan, bien connu en Irlande pour sa participation au soap/drama local Love & Hate.

L’acteur n’en fait jamais trop, bien au contraire, et joue avec justesse. Nous avons d’ailleurs demandé à la réalisatrice comment elle avait su qu’il était le bon acteur pour le rôle : celle-ci nous a répondu qu’il n’avait passé aucun casting ! Gren Wells se contentait de boire un café avec les prétendants et lorsqu’elle a aperçu Robert, elle a immédiatement su que c’était lui.

road17f-1-web

Le film peut légèrement faire écho au long-métrage belge Hasta la vista, où trois jeunes hommes handicapés décidaient de fuguer et d’entamer un road-trip. Dans The Road Within, le road-trip n’est qu’un prétexte et reste en toile de fond puisqu’ils ne parcourront finalement que très peu de kilomètres. En effet, les jeunes aventuriers sont pourchassés tout au long du film par leur médecin (Kyra Sedgwick) et le père de Vincent (Robert Patrick), ce qui ajoute une dimension comique au scénario.

Si, Vincent et son syndrome sont le sujet principal du film, on aborde également les maux d’Alex et Marie, qui vivent au centre depuis plus longtemps que lui. La réalisatrice, anorexique durant sa jeunesse, a voulu présenter ce trouble sans jugement tel qu’il est réellement, à savoir une maladie mentale. Zoé et elle ont travaillé le personnage pendant plusieurs mois et ont essayé de disséminer quelques indices sur la probable origine du trouble de Marie. Dev Patel parvient également à changer de registre et à dépeindre un jeune atteint de TOC avec humour mais sans jamais se moquer.

A la fin de la projection, la réalisatrice nous aura aussi adressé un petit conseil. Selon elle, lorsque vous décidez de faire un film avec une bonne partie des scènes sur la route, il vaut mieux s’assurer que vos acteurs sachent conduire ! En effet, l’acteur principal n’avait que l’équivalent du code obtenu en Irlande, Dev Patel n’avait pas le permis et Zoe Kravitz, après avoir grandi à New-York, ne savait tout simplement pas conduire !

Le film n’a pas encore de date de sortie en France mais on vous conseille de le voir dès sa sortie. En attendant, pour patienter, voici la bande-annonce :

 

 

Brève : Christopher Lee, repose en paix

Même les magiciens blancs, jedis et vampires ne vivent pas éternellement. Quelques jours après son 93ème anniversaire, l’acteur Christopher Lee est décédé dimanche dernier à la suite de problèmes respiratoires et cardiaques. Il compte parmi ses rôles les plus cultes le comte Dooku dans Star Wars, Saroumane dans Le Seigneur des Anneaux ou encore Dracula dans un nombre incalculable de films, sans oublier son rôle de vilain dans L’Homme au pistolet d’or. Il a également interprété Sherlock, Lucifer, la Mort…Et ajoutez à cela qu’à 90 ans passé, le monsieur s’est payé le luxe de sortir un album de heavy metal symphonique (plutôt médiocre certes), qu’il a été agent secret et qu’il a maitrisé pas moins de neuf langues. Ah, et il a même eu la chance de rencontrer J.R.R. Tolkien en personne. Classe.

R.I.P. Christopher Lee, tu resteras l’une des légendes les plus charismatiques du cinéma.

Review – Loin de la foule déchaînée

Thomas Vinterberg, réalisateur danois, est plus connu pour des films assez sombres et dérangeants tels que Festen, Dear Wendy ou encore La Chasse, primé au Festival de Cannes. Dans son dernier long-métrage, le réalisateur s’éloigne ainsi de son univers avec Loin de la foule déchaînée, qui nous conte un triangle amoureux durant l’Angleterre victorienne.

En premier lieu, il faut savoir que le film est tiré d’un des romans les plus populaires du Royaume-Uni, écrit par le talentueux Thomas Hardy. Le pari était ainsi élevé afin d’adapter fidèlement cette histoire romanesque. L’histoire c’est celle de Bathsheba Everdeene (Carey Mulligan) qui se retrouve à la tête d’une exploitation fermière héritée à la mort de son oncle. Soudainement, Bathsheba monte l’échelle sociale et se voit courtisée par trois hommes issus de milieux sociaux complètement différents.

Une vision positive de la femme

Dès le début du film, avant même que l’héroïne ne change de statut social, on rencontre une femme forte et indépendante. Elevée par sa tante, Bathsheba estime qu’elle n’a pas besoin d’homme dans sa vie et ne voit pas l’utilité d’un mariage. Courtisée par le fermier, Gabriel Oak (Matthias Schoenaerts), issu d’une classe sociale supérieure, elle ose refuser sa demande. Nous avons à faire à une femme impétueuse et sûre d’elle, chose très intéressante lorsqu’on prend en considération l’époque à laquelle le livre fût rédigé.

Devenue maîtresse de l’exploitation fermière, avec un bon nombre d’employés sous ses ordres, Bathsheba va devoir se confronter à un monde impitoyable d’hommes qui n’envisagent pas qu’une femme puisse tenir une ferme, ou qui estiment que son blé vaut forcément moins cher que celui d’un homme. L‘héroïne est intelligente mais surtout très ambitieuse : elle possède toutes les cartes en mains pour que sa ferme devienne la plus prospère des environs.

 

Une histoire romanesque

Toutefois, l’intrigue qui a fait vibrer des millions de lecteurs, est une histoire de cœur. La propriétaire ne mesure pas l’effet qu’elle produit sur les hommes croisant son chemin. Ne croyant pas à un mariage sans amour et ayant encore moins besoin d’un homme une fois devenue propriétaire, elle est prise au milieu d’un tourbillon lorsque deux autres hommes la courtisent : son voisin, M. Boldewood (Michael Sheen) riche propriétaire fermier, l’homme célibataire le plus prisé de la région, et le sergent Frank Troy (Tom Sturridge). Elle va donc devoir faire le bon choix parmi les nombreuses opportunités qui lui sont proposées et cela ne vas pas être chose aisée.

Le film est d’une fraîcheur et d’une qualité remarquable. On se passionne pendant plus de 2h par le destin réservé à Bathsheba et on a adoré la manière dont le réalisateur s’y est pris pour faire monter les émotions en crescendo et arriver, à l’issue du film, à un climax qu’on ne vous révèlera pas, bien entendu. Contre toute attente, l’humour est omniprésent dans le film et on se régale notamment des échanges corsés entre Bathsheba et le fermier Oak.

Présent lors de la projection, le réalisateur Thomas Vinterberg nous a avoué être littéralement tombé amoureux du scénario, chose fondamentale quand on réalise un film selon lui, expliquant que le changement de registre ne lui a pas fait peur. Concernant le choix des acteurs, il a affirmé avoir su que Carey Mulligan était parfaite pour le rôle dès la dixième page du scénario. On confirme que l’actrice brille de mille feux et nous fait une nouvelle fois preuve de son talent d’actrice mais aussi de chanteuse après sa magnifique scène dans Shame. Concernant l’acteur Matthias Schoenaerts (De Rouille et d’Os), il se démarque tellement qu’il finit par faire de l’ombre aux deux autres comédiens principaux, bien que Michael Sheen (Masters of Sex) soit également excellent dans son rôle, et interprète la souffrance et le rejet avec brio.

Les romantiques en tout genre seront donc amplement séduits. Le film, qui sort dans les salles françaises ce mercredi, semble parfait pour débuter le mois de juin avec gaieté.

Interview : Rencontre avec GussDX le chasseur de fantômes

A l’occasion du BGF on a pu interviewer GussDX, un Youtuber dont la spécialité est les vidéos d’enquêtes dans des lieux dit « hantés ». Cette interview nous a permis de revenir sur certains point de sa carrière.

© Mandora

Guss au Bordeaux Geek Festival

Un Jour : Pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Guss : Je fais une émission qui s’appelle Chasseur de Fantômes qui est diffusée sur Viméo en location puis sur YouTube gratuitement dans laquelle je vais seul dans des endroits possiblement hantés équipé de tout un tas de matériel, de caméras, de capteurs divers et variés, pour tenter de filmer, voir et rapporter ces phénomènes qui arrivent à beaucoup de monde : entendre des voix, des bruits, des choses comme ça, et j’en fais des émissions.

Tu es passé de Minecraft à Chasseur de Fantômes. D’où t’es venu l’idée de visiter des endroits hantés ?

C’est vrai que c’est pas vraiment la même chose. J’ai toujours été passionné par le domaine du paranormal depuis très longtemps, donc c’est quelque chose qui m’intéresse et même dans Minecraft j’avais créé une émission qui s’inspirait des chasses aux fantômes.

J’ai découvert ça avec R.I.P. ou Ghost Adventures. Je trouvais ça juste génial et je me suis toujours dit « J’adorerais faire ça« . Partir avec une équipe du matériel dans des endroits qui pourraient être hantés et voir si effectivement ça existe, s’il y a des fantômes et je trouvais que c’était un super concept d’émission et qu’en plus, à vivre, il y avait une forme d’aventure un peu moderne qui m’intéressait vraiment. Après je me suis dit aussi que j’aurais peut-être pas le courage, le matériel et les moyens de le faire donc j’ai laissé ça de côté et je me suis dit que j’allais adapter ce format dans Minecraft. Et avec quelques mods et quelques astuces de montages, j’ai fait des épisodes de fausses chasses aux fantômes en ayant toujours cette idée en tête de vouloir partir avec mes caméras.

https://vimeo.com/ondemand/chasseurdefantomes

Qu’est-ce qui t’a poussé à faire des vidéos ?

C’est marrant cette question parce qu’en fait c’est vrai qu’il n’y a pas de calcul, j’ai jamais eu vraiment envie de le faire mais les chose m’ont amené à le faire. Et en même temps je m’y sens très bien. Donc qu’est-ce qui m’a poussé à le faire ? Je dirais que c’est un peu les coïncidences et la force des choses. J’avais fait une webradio où je parlais de jeux vidéo et on m’a toujours dit que ça ne collait pas car il manquait la vidéo. Alors j’ai fait de la vidéo.

Quelle est, pour toi, la raison de ton succès ?

Pour répondre à ça en restant modeste ça va être chaud (rires). Alors mon succès, je bosse énormément, je suis hyper méticuleux, je laisse rien au hasard dans mes montages, dans le sens où je fais ce que j’aimerais voir. Y a pas de secret : c’est du boulot, c’est énormément de travail… (A part : « Ça m’oblige à me la péter, elle est horrible ta question« )

Est-ce qu’il y a des YouTubers qui vous ont influencé ? Vous parliez tout à l’heure de Ghost Adventures par exemple.

Oui c’est une source d’inspiration mais c’est plus une source d’envie de faire. Effectivement je pense que je me retrouve comme eux avec une caméra infrarouge dans le noir à la recherche de manifestations donc forcément il y a une ressemblance mais de là à m’inspirer… En fait mon concept de chasse au fantômes s’inspire aussi d’Antoine de Maximy (J’irais dormir chez vous) le fait qu’il ait une petite caméra et qu’il se filme. Enfin encore une fois je me suis pas vraiment inspiré, mon concept est né de plein de choses, après il n’y a pas de copie ni de plagiat. J’ai vraiment réussi à faire quelque chose de personnel et qui est assez unique.

Est-ce qu’il y a des vidéastes avec lesquels tu aimerais collaborer ?

Non… Enfin… J’ai une vraie passion pour ce que je fais aujourd’hui, des enquêtes paranormales, et au delà de la vidéo, j’aimerais beaucoup faire des enquêtes avec certains oui : les gens de R.I.P et pourquoi pas Zak Bagans (Ghost Adventures) mais là on peut toujours rêver. D’autant que j’ai un anglais au ras des pâquerettes. Mais au fond, je suis assez solitaire que ce soit dans mes chasses au fantôme ou dans la vie de manière générale.

Quel est l’endroit qui a été le plus effrayant dans vos chasses aux fantômes ?

Ils l’ont tous été. C’est à chaque fois c’est un défi, de s’immerger dans le noir et faire en sorte que ces choses se manifestent, ça fait peur.

Avez-vous déjà refusé d’aller sur un lieu par peur ?

Non.

Quel est lieu où vous avez ressenti le plus de choses ? Celui qui vous a paru le moins normal ou explicable ?

A chaque fois il se passe des choses, j’ai l’impression que c’est pas normal. Premier épisode, rien ne m’a semblé normal surtout que je m’attendais surtout pas à ce qu’il se passe des trucs comme sentir une pression sur mon épaule. L’épisode 2, ça a été le dépassement de tout, j’ai vécu la plus anormale de ma vie. Mais au delà de l’épisode, sur les semaines qu’ont suivi aussi puisque ça s’est répercuté sur les jours suivants. Chaque fois il y a des choses complètement anormales et ma dernière enquête n’en parlons pas. J’ai mis un terme au bout d’une heure et demi.

Pour vos vidéos à 2€ sur Vimeo, comment vous investissez-vous de l’argent ?

Alors c’est mon salaire. C’est ce qui me permet à moi, ma femme et mes 3 enfants de vivre aujourd’hui -ma femme a arrêté de travailler pour des raisons de santé -. Mon choix a été de réussir à continuer à faire cette émission et je m’en sers donc en partie pour vivre – comme tout le monde – et l’autre partie, qu’est assez conséquente, pour acheter du matériel. D’épisode en épisode il y a de plus en plus de caméras. J’avais une caméra thermique bas de gamme et là je viens d’investir pour avoir une caméra thermique digne de ce nom vraiment précise. Je suis aussi allé à Fougeret avec une personne qui m’a accompagné, j’ai pris en charge l’hôtel, les frais de déplacement, de restauration et l’air de rien t’arrives à 300€. J’investis énormément d’argent dans le matériel. Je suis aussi auto-entrepreneur pour déclarer cet argent que je gagne et il y a aussi une partie qui part en charge (dans le RSI, etc.)

Avez-vous des projets prévus sur d’autre formats ?

J’ai énormément d’idée. Là par exemple j’aimerais faire une petite vidéo où je présente le matériel (les caméras thermiques, les pods EMF, …), comment ça se déclenche, pour quelles raisons. J’aimerais faire ça mais bon… c’est qu’une question de temps. J’ai aussi un truc qui me trotte dans la tête mais ça serait pour dans quelques années : j’aimerais vraiment faire un film mais qui serait une fiction basée sur les faits réels de peut-être ce que j’ai vécu mais avec des effets spéciaux et ça serait vraiment une fiction et qui – pourquoi pas – reprendrait mes chasses aux fantômes mais pour un format de film. Pourquoi pas une web-série sur ce format là ?

Review – St. Vincent : Feel Good Movie en demi teinte.

St. Vincent est le 2ème long-métrage de Theodore Melfi, plus connu en tant que producteur, et peut se targuer d’avoir décroché deux nominations aux Golden Globes 2015. Le film raconte l’histoire de Vincent (Bill Murray), ancien vétéran de la guerre du Vietnam, retraité et misanthrope qui fait la rencontre de ses nouveaux voisins : Maggie (Melissa McCarthy) fraîchement divorcée et son fils, Oliver (Jaeden Lieberher).

Seulement Vincent n’est pas un gentil voisin attentionné, il possède toutes les caractéristiques de l’anti-héros et passe plutôt ses journées au bar, à parier ses derniers sous sur des chevaux ou en compagnie de Daka (Naomi Watts), une prostituée russe, enceinte jusqu’aux yeux. Vincent vit seul avec son chat, très satisfait de sa vie et de ses fréquentations, mais sa rencontre avec ses voisins va bien évidemment faire basculer son quotidien pour le meilleur et pour le pire.

Lorsque sa voisine Maggie, dépassée par sa vie professionnelle et son nouveau rôle de mère célibataire sollicite son aide pour garder son fils après les cours, Vincent accepte uniquement pour l’argent. Du moins, jusqu’à ce qu’une relation très forte se crée entre lui et le jeune Oliver…

Si Vincent n’a rien d’un saint comme le titre le laisse suggérer, il cache cependant un bon fond et devient peu à peu une figure paternelle pour Oliver. Ce dernier exerce une bonne influence sur le vieil homme et parvient progressivement à lui faire baisser sa garde. Laissant Oliver entrer dans son quotidien, l’anti-héros cache finalement un personnage meurtri et le spectateur éprouve de la difficulté à ne pas ressentir de l’empathie.

St. Vincent est un « feel good movie », le genre de film qui met du baume au cœur, et bien que l’histoire ne soit pas très originale et prévisible par moments on passe un excellent moment. Le film repose surtout sur les épaules de Bill Murray, qui arrive avec brio à interpréter un personnage cynique et caricatural, rôle de composition qui semble presque avoir été écrit pour lui. Les acteurs sauvent majoritairement le film, on pense à Naomi Watts, excellente en prostituée et future maman dont l’accent russe la rend hilarante. Melissa McCarthy, quant à elle, sort de sa zone de confort et de ses rôles comiques. On la redécouvre ici et on s’aperçoit qu’elle est également capable de faire passer des émotions avec un jeu sincère et juste. Sans ces acteurs de renoms, le film serait sans doute passé inaperçu et on comprend sans doute pourquoi. Sans ce casting, peut-être aurait-il peiné à séduire au cinéma, laissant présager la raison qui a conduit à sa sortie directement sur DVD et plateformes.

Les news séries de la semaine, épisode 19

– Décidément, Daredevil semble être l’une des séries du moment à ne pas rater ! Considérée comme une honorable adaptation des comics, Netflix n’a pas longtemps hésité à la renouveler. Si le retour du casting est déjà acté, il faut cependant s’attendre à un changement de showrunner, puisque Steven S. Knight cède la place à Doug Petrie (American Horror Story) et Marco Ramirez (Sons Of Anarchy).

Nathan Fillion rempile dans le rôle de Castle pour une huitième saison, et par la même occasion la série devrait également changer de showrunner puisque David Amann souhaite voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Un pépin avec Castle ?

http://media.giphy.com/media/Ow59c0pwTPruU/giphy.gif

– Après avoir évoqué le maitre de l’horreur avec la série Scream sur MTV, Wes Craven va développer deux dramas sur SyFy, intitulés People Under The Stairs (Le Sous-Sol De La Peur) et We Are All Completely Fine. Le premier sera l’adaptation du film éponyme réalisé par Craven en 1991, décrit comme la rencontre entre Downton Abbey et Amityville. Le second est tiré du livre de Daryl Gregory, à propos d’un mystérieux psychologue qui éveille les démons de certains patients torturés. Avec American Horror Story, de quoi se faire de bonnes soirées pop-corn !

– Après le succès de Real Humans, Gaumont TV Europe s’engage avec Lars Lundström dans une coproduction intitulée 1001, en douze épisodes de langue anglaise. L’histoire se penche sur une policière contactée par le présumé coupable du meurtre sur lequel elle enquête : 1001 millions d’euros doivent lui être transférés ou d’autres morts suivront. En réalité, le maitre-chanteur serait intéressé par un projet médical des années 80 qui aurait terriblement mal tourné…

Revolution a brutalement été annulée l’année dernière sans avoir réellement pu conclure sa seconde saison. Pour remédier à cela, l’équipe créative proposera, comme pour la série Jericho, une conclusion en B.D. digitale en quatre parties, illustrées par le dessinateur DC Comics Angel Hernandez.

Amazon Studios poursuit son pèlerinage sur la route des séries originales : le déjanté Sacha Baron Cohen s’associe avec Bob Nelson (Nebraska) pour Highston, une comédie de 30mn filmée par les deux réalisateurs de Little Miss Sunshine. A 19 ans, pour faire face à un monde adulte qu’il ne comprend pas, le « perché » Highston Liggetts décide de se réfugier dans son imagination, où il se liera d’amitié avec des célébrités qui pourront le conseiller sur sa transition post-adolescente.

J.K. Simmons (Oz, Spider-Man, Whiplash) sera la tête d’affiche de Counterpart, réalisée par Morten Tyldum (The Imitation Game), et décrit comme une série d’espionnage avec ses travers métaphysiques à base de dimension parallèle, d’amours déchus et de questions identitaires.

Julian Fellowes, le créateur de Downton Abbey reviendra sur ITV pour l’adaptation en trois parties d’un roman de l’ère victorienne, Doctor Thorne, d’Anthony Trollope, dont l’atmosphère ne devrait pas dépayser les amateurs de la famille Crawley.

– Entre quelques marcheurs blancs trucidés, HBO souhaite augmenter son capital rire et bonheur : Silicon Valley a été confirmée pour une troisième saison et Veep pour une cinquième, en vertu de bonnes audiences pour leurs retours respectifs. A noter que Ballers commencera le 21 juin et qu’un créneau sera prochainement libéré pour la nouvelle comédie avec Jack Black, The Brink, dont voici la bande-annonce.

Dead Man ou la remise en cause du western

La 68ème édition du festival de Cannes aura lieu en mai et s’apprête à nous faire découvrir de nouvelles réussites cinématographiques. Il y a 20 ans, le 26 mai 1995, le public découvrait dans la sélection officielle un chef d’œuvre réalisé par Jim Jarmusch.

Trois ans après la sortie d’Unforgiven de Clint Eastwood (à l’abominable nom français Impitoyable sonnant comme le dernier opus d’une super-production Hollywoodienne), Jim Jarmusch donne sa vision très personnelle du western dans Dead Man, sorte de récit initiatique vers l’au-delà, hanté par la mort et le poète William Blake. C’est un comptable du même nom en route pour l’Ouest qui devient un hors-la-loi traqué, interprété par Johnny Depp.

« It is preferable not to travel with a dead man » Henri Michaux

Dead Man

Dead Man livre une nouvelle façon de voir l’ouest américain : l’ouest est ici un lieu de mort plutôt que d’espérance. Jarmusch remet en cause les valeurs ancrées dans l’imaginaire collectif : « Dead man n’est pas un projet intellectuel, il ne s’agissait pas d’une volonté de déconstruire le western, mais je souhaitais éviter les poncifs du genre qui ne m’intéressent pas : le sentimentalisme, le cliché de l’étranger qui débarque, nettoie la ville et se marie avec l’institutrice ».

Et pourtant, le réalisateur use de tous les éléments propres au western : le départ pour l’Ouest, les paysages désertiques, les courses-poursuites, en les réinterprétant.  Les visuels du film, réalisés en noir et blanc, rappellent ceux du film noir des années 40, grâce au travail de Robby Müller, directeur de la photographie. Mais alors pourquoi utiliser le noir et blanc en 1995 ? Dead Man est parsemé de représentation de la mort, thématique récurrente dans le film, l’absence de couleur symbolise donc le manque de vie.

Dead Man

Les personnages cassent également les codes du western ; William Blake est un anti-héros ; il est passif et subit la situation en passant, impuissant, d’un cheval à un canoë. Nobody, son « guide » est un amérindien, caractéristique propre aux western mais il a étudié en Angleterre : il ne correspond pas à l’image des indiens que l’on retrouve dans les westerns. Nobody ne guérira pas William Blake, il ne pourra que mener son corps de « l’autre côté de la rive ».

La musique a également une place capitale dans ce film. Elle rythme l’avancée du récit, et égare encore plus le spectateur. Les riffs de Neil Young (qui a composé la musique spécialement pour le film) s’apposent avec justesse sur le changement d’identité progressif de Blake.

Dead Man implique directement le spectateur dans l’histoire, puisque le réalisateur dissémine des indices ça et là pour tenter d’éclairer le spectateur : sans repère géographique précis, le spectateur se laisse porter par la musique incandescente de Neil Young et par le brillant jeu des acteurs. Aspiré dans cet univers onirique, le spectateur voyage, et suit au même titre que Blake un voyage initiatique qui ne le laisse pas indifférent à l’issue du générique. A lui de deviner ce qu’il adviendra de Blake ; était-il vivant durant son voyage initiatique ? Ou bien, comme le laisse entendre le cheminot par l’emploi du passé au début du film, était-il déjà mort lorsqu’il a pris le train ?


Star Wars : L’Eveil de la Force, la toute nouvelle bande-annonce

Dans une galaxie lointaine, très lointaine, appelée Californie, la seconde bande-annonce très attendue de Star Wars : L’éveil de la Force (The Force Awakens) a été dévoilée au Star Wars Celebration Panel. Le moins qu’on puisse dire, c’est vivement décembre !

« Chewie, we’re home« .