The Peacock Society 2017, deux jours d’orbite.

Un Jour s’est rendu à la Peacock Society ce 17 et 18 février. Et c’était pas de la tarte.

Vendredi en deux tons (mineurs).

K-way et Docs Martens aux pieds, ma super team de copains et moi sommes prêts à suer tout le week-end sous les grandes halles du Parc Floral. Arrivés vers minuit, les premières vagues electrofunk de Fatima Yamaha se font déjà entendre. Ça se bouscule au portillon, le public a l’air d’avoir été mis en quarantaine depuis Noël. On s’active alors à la Warehouse où le DJ Bas Bron (Fatima donc) lance « What’s a Girl To Do». Belle entrée en matière. En plus du morceau phare éponyme, Fatima nous électrise sur « Between Worlds » de l’EP de 2004, et sur des morceaux plus récents comme « Plum Jelly » et « Half Moon Rising ». Après quelques pas d’échauffements, la meilleure team se dirige vers le bar où, à ma grande surprise, les barmans tirent plus vite que leur ombre. La tripotée de bières dans nos bras, nous nous dirigeons vers le set de Paula Temple. Et nous décidons de camper là. Paula Temple est le set le plus efficace de ce vendredi soir. Bonnes pépites et set cohérent, nos gambettes ne s’arrêtent plus.

Ambiance anxiogène où quelques pickpockets et gamins camés viennent perturber mes pas de danse endiablés. Faisant abstraction des détraqués, le live de Bjarki s’enchaîne, petit protégé de Nina Kravitz. Notre avis reste mitigé sur un live plutôt décousu, entre passages breakés et jungle limite. Du coup les gambettes, c’est plus trop ça et nous préferons aller manger un bout, histoire de se ressourcer avant Ben Klock. Les food-trucks sont présents pour remplir nos gosiers affamés : hot-dogs, burgers… Entre grosse saucisse et veggie burger, mon cœur balance. On se pose donc au chill-out (aussi nommé Pavillon des Chênes) afin de se délecter, et enregistrer son petit mot sonore pour la chaîne Viceland. Nous nous baladons ensuite pour découvrir l’étendue du site. Pas loin, des bains chauds sont mis à disposition pour les plus bouillants d’entre nous. On y trempera pas un doigt, vue la chaleur hivernale parisienne. Retour sur la scène techno, Ben Klock joue un set plutôt classique, qui finalement nous déçoit. A noter tout de même la qualité de la sono qui a fait vibrer nos tympans.

Retour à la casa, sans batterie. Heureusement une ribambelle de taxis avaient prévu le coup et tous nous attendent, comme papa à la sortie de l’école. Une bonne nuit de sommeil est de rigueur, pour redémarrer du bon pied le samedi soir.

Samedi en fanfare.

Round 2, retour à la case départ. Une entrée fluide puisque cette fois-ci nous arrivons beaucoup plus tard. Plongés tête la première sur un dancefloor endiablé, à coups de beats de Lena Willikens. DJ incontournable de la scène internationale, on a suivi aveuglement son set entre raretés asiatiques et pépites club. D’une intuitivité rare, la Squarehouse faisait l’unanimité. Campés de nouveau à la Warehouse, Seth Troxler commence son set. Un peu déçus de sa performance, nous faisons un tour au ciné-club. Nous écoutons, ou plutôt nous gobons, les mots et dires de Modeselektor racontant sa musique et la scène techno en général. Puis vient son set. Et cette fois-ci, nous gobons sa musique. Ça secoue des mains, ça gigote la tête. Espace-temps hors du temps. Il est LA réussite de ce week-end, sans détour. Le public danse, est en transe. Les corps déchaînés se mêlent et s’entremêlent au fil des pépites enchaînées, encore mieux qu’un collier de pâtes. Des flashes de la soirée : lumières foudroyantes, sourires inopinés, cheveux en folie.

Et pour bien nous achever, ÂME 2 ÂME lance un tour de magie. Dans un regain d’énergie, son set parfaitement maîtrisé nous tient en haleine jusque 7h du matin.

Le soleil se lève, et tout le monde suit le chemin du retour. Entre nouveaux couples qui se demandent s’ils vont rentrer ensemble et groupes de copains en quête d’after, le sacro-saint dimanche se termine en douceur.

Interview d’Aymeric et Hugo, les organisateurs du Brox Festival !

Qui est ce qui a dit qu’en Avril le ski c’est nul ? Et bien ce n’est pas nous, ni la station des 2 Alpes, ni même le Brox Festival, qui proposera aux skieurs-teuffers un weekend alliant les plaisirs du ski et l’amour de la musique.

C’est donc du 14 au 17 Avril que se tiendra le Brox Festival ! Si le nom ne vous dit pas grand-chose, voire rien du tout, c’est tout à fait normal. En effet, les organisateurs sont tout nouveaux dans l’univers de la création de moments magiques.

Nous sommes allés à leur rencontre afin d’en savoir plus à leur sujet et sur le Brox, et, par la suite on vous proposera un petit jeu-concours.

 

Un Jour : Comment est née l’idée de faire un festival ?

Aymeric : Alors ça s’est fait de façon assez rapide. C’était une après-midi, j’étais chez un ami (Sébastien), on discutait de tout et de rien et puis à un moment dans le fil de la discussion, l’idée de créer un festival arrive à nos bouches. Je lui demande s’il a déjà eu l’occasion de travailler avec des personnes qui ont déjà monté ou organisé quelques choses de semblable, et vous savez ce qu’il me rétorque « Non ». Il me renvoi ma question dans la figure, et j’ai la même réponse que lui. On éclate de rire et on se dit allez go on se lance dans cette aventure.

Hugo : Tout de suite derrière, je reçois un coup de fil d’Aymeric. Il commence à me parler de son idée avec un optimisme à toute épreuve. Du coup, je me chauffe et c’est à ce moment-là qu’on va mettre toute notre énergie pour monter de A à Z le Brox Festival.

 

Un Jour : Vous avez choisi la station des 2 Alpes, pourquoi ? Et contrairement aux autres évènements similaires vous avez fait le pari du weekend, c’est un choix ?

Aymeric : La station des 2 Alpes a été trouvée très rapidement. Sébastien vit dans la région. Personnellement je vais skier dès que je peux là-bas, car on peut allier ski et bonne ambiance tout au long d’une journée. D’ailleurs, la station a été élu à plusieurs reprises « Meilleures station de ski pour son ambiance ». Toutes ces choses, nous ont amené à choisir cette station.

Hugo : Aymeric est trop pudique pour le dire, mais il a un Tour Opérateur spécialisé dans l’organisation de voyages collectifs à la montagne appelé « Snowmind » et ils sont en partenariat avec plusieurs stations de ski dont les 2 Alpes. C’est d’ailleurs pour ça que l’on peut proposer autant de services à nos festivaliers.

Justement concernant le choix du weekend et pas de la semaine, c’est un parti pris que l’on assume. On ne souhaitait pas le faire en semaine car trop long et trop volumineux pour notre premier festival. Et puis au départ, comme le mentionnait Aymeric, on voulait le faire plus-tôt dans l’année mais pas possible pour diverses raisons. Du coup on a discuté avec la station et il nous on dit « Avril on a rien de prévu, on peut faire un closing de la saison avec vous si vous le voulez ». A partir de là, on a sauté sur l’occasion avec le weekend de Pâques qui nous a tendu les bras (rire).

 

Un Jour : Vos offres sont structurées de façon chirurgicale, comment vous avez réussi à monter toutes ces possibilités ?

Aymeric : Comme l’a dit Hugo, à côté j’ai un Tour Opérateur, snowmind. Et, c’est grâce à ça que l’on peut proposer des tarifs avantageux avec des services où pratiquement tout est compris.  Le but c’est de faire découvrir la station et le festival en accompagnant du début à la fin nos festivaliers.

Hugo : C’était important de pouvoir proposer des offres comme celles-ci car on ne vise pas seulement la région mais toute la France, voire même les étrangers si l’envie leur prend.

 

Brox Festival Official Teaser

[ TEASER ] Brox Festival Du 14 au 17 avril 2017➤ Tickets : http://bit.ly/BroxFestivalWeezevent♬ Music : Christian Burkhardt – Delight (Original Mix)Avec TSUGI – Trax Magazine – Generator Hostels – Les 2 Alpes – Snowmind – Panobar Les 2 Alpes – Sauvage – The Arts Factory MagazineVidéo : Dazone Production

Publié par Brox Festival sur mardi 3 janvier 2017

 

Un Jour : D’ailleurs vous attendez combien de personnes pour ce premier festival ?

Aymeric : On ne veut vraiment pas exploser les compteurs lors de cette édition. Enfin, on ne va pas se mentir, si plus de 2 000 personnes viennent on sera plus que satisfait. Mais à l’heure actuelle si on a 1 500 réservations avant le 14 c’est déjà bien.

Hugo : Le but ce n’est pas de créer un festival qui ramasse une pelle de personnes. On veut vraiment créer quelques choses de parfait sur une courte durée pour ne pas se disperser. Le but est de créer de l’expérience, du souvenir, bien au-delà de la musique.

 

Un Jour : Assez parlé de l’organisation, on va parler du Line Up maintenant. On remarque qu’il s’agit pratiquement d’artistes français, c’est un choix de faire du Made In France ?

Aymeric : Ah ah ah ! Avant toute chose, il n’y a aucun rapport avec le Made In France d’Arnaud Montebourg. Plus sérieusement, l’idée est vraiment de faire un festival dans une station française à fort potentiel, afin de faire vivre l’économie locale tout en proposant aux festivaliers des artistes français peu ou pas connus du grand public.

Hugo : Oui comme l’a dit Aymeric, on souhaite valoriser la scène française. On a un vivier important, donc pourquoi ne pas en profiter. Les artistes que l’on va faire venir sont effectivement tous français, sauf 1, à vous de deviner justement (rire). Mais c’est avant tout une programmation réfléchie, pensée à la fois pour la population Rhône–Alpes, jeune et sportive et à la fois pointue, pour une population étudiante exigeante.

 

 

Un Jour : Pouvez-vous nous donner des petites explications sur le festival en lui-même. Le surplace ?

Aymeric : Alors pour commencer, il y aura deux scènes. L’une sera composée spécialement de Live et l’autre de Dj set. Le Panobar situé à 2 600 m d’altitude, est capable d’accueillir plus de 1500 personnes et c’est ici que l’après-midi les artistes comme Mézigue et Flabaire de D.ko RecordsHenø et Col. J de Neighbor Hood Records, Neumodel de Armada Music, Seamus & Charline de Imported Paris et The Arts Factory Magazine se produiront.

Hugo : La deuxième scène, qui sera donc la scène principale sera installée à l’extrémité des Deux Alpes afin de nous garantir une vue sur toute la vallée. Attention les yeux !

C’est ici que le gros se passera, il y aura les Live du trio français dOP, de Leo Pol, de The Superman Lovers, des Fils du Calvaires, de l’allemand Christian Burkhardt et pleins d’autres. Il y aura au niveau du Village de nombreuses installations étonnantes qui rendront services avec notamment des Foodtrucks locaux, un Chill Out spécialement conçu par le collectif Triple D (il s’est entre autres occupé des Chill Out du Weather, la création de toute la friche Richard Lenoir qui s’est déroulé au coeur de Paris l’été dernier), un system de cashless sera instauré sur les deux scènes (au niveau du Panobar, le cashnormal sera aussi accepté).

 

 

Un Jour : Que des choses sympathiques que vous nous proposez. Mais d’ailleurs le vous c’est qui ?

Aymeric : On va utiliser une métaphore, l’iceberg. Sur la partie submergée, il y a 4 personnes :

  • Sébastien, qui gère la partie locale du festival, mais il est surtout l’organisateur principal du festival et propriétaire du PanoBar qui accueille une des deux scènes du festival.
  • Hugo qui se présentera tout seul
  • Vincent qui s’occupe de la Direction Artistique
  • Et moi, je m’occupe de la partie commerciale du festival pour simplifier la lecture (rire)

Hugo : Toujours pour simplifier la lecture, je m’occupe de la communication du festival, donc Réseaux Sociaux, Partenariats, Relations Presse…

Mais dans la partie immergée de l’iceberg, il y a beaucoup plus de personnes et on pense fort à eux. Au final on est comme une deuxième famille.

 

Un Jour : Si vous deviez résumer le festival en une phrase ?

Aymeric : C’est un festival où nous organisateurs avons voulu créer un moment unique pour les festivaliers, avec des artistes français, dans une station française tout en respectant la nature.

Hugo : Une histoire de famille que l’on propose à toutes les personnes qui veulent venir se défouler avec nous que ce soit sur la piste de ski ou la piste de danse !

 

Un jeu concours va être lancé d’ici peu de temps donc restez attentif  !

Review: La La Land

Réalisateur: Damien Chazelle

Acteurs: Ryan Gosling, Emma Stone, John Legend, J.K. Simmons

Genre: Romance, Comédie musicale

Nationalité: Américain

Date de sortie: 25 janvier 2017

Durée: 126mn

 

 

 

 

Probablement par pure esprit de contradiction, j’ai une nette tendance à me méfier de ces œuvres artistiquement calibrées pour les Oscars (on dénombre déjà pas moins de 14 nominations), dont la campagne promotionnelle oppressante (car omniprésente) créée un bloc massif d’engouement venant à la fois de la part de la presse et des spectateurs. Quand on se sent «obligé» d’aimer un film qui fait consensus, j’aurai fatalement besoin de chercher la petite bête. Or, La La Land est tout de même surprenant… Je dois tout de même dire que j’ai passé un bon moment, mais si le film n’est pas exempt de défauts… Malgré le nombre incalculable de citations aux grands classiques de la comédie musicale, ce long-métrage reste très franchement inégal.

 

Synopsis:

Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance.

 

D’entrée, ce qui gêne dans La La Land reste probablement ce fétichisme envers l’âge d’or hollywoodien assez entêtant, voir carrément redondant. Car oui, La La Land convoque des hommages si lourdement qu’il est difficile de ne pas entrer dans la comparaison. Que Damien Chazelle le veuille ou non, il se mesure forcément aux Demy, Donen, Minnelli… Que ce soit au niveau de la BO de Justin Hurwitz, totalement banale et facile, ou encore des chorégraphies généralement pauvres ; on reste du coup dans ce cadre peu original et finalement peu attachant, par rapport à tous les modèles évoqués durant tout le long du film. Pour revenir brièvement à la BO, Justin Hurwitz semble se contenter de peu, en répétant à plusieurs reprises les mêmes thèmes (en changeant très légèrement les variations autour) et crée ainsi une partition joli certes mais ô combien ennuyante. Quant aux prestations à proprement parlé, Ryan Gosling et Emma Stone font de leur mieux, mais le résultat n’est pas à la hauteur de ce que la promotion nous vantait. Emma Stone aura ceci dit le mérite de chanter juste (bien que faiblement). C’est bien plus compliqué pour Ryan Gosling qui, cela dit, aura eu la «chance» d’avoir une chanson composée de 3 notes 1/2 pour limiter la casse (City of Stars). Malheureusement, leur manque de prestance vocale et de coffre est assez raccord avec la part réaliste du film, mais cela dessert complètement le côté comédie musicale. On s’étonne également que le jazz ne soit pas plus mis à l’honneur, surtout quand le personnage principal s’en dit «puriste»… On essaiera aussi de fermer les yeux face au désastre que représente le développement des personnages secondaires (rip J.K. Simmons), comme si chacune de leur présence était purement anecdotique. Finalement, ce qui est assez décevant aussi, c’est de se dire qu’un film de la stature de La La Land n’arrive pas à engendrer autant d’émotions que les œuvre auxquelles il aime tant se référer.

 

 

 

 

Le visuel

Toutefois, un des atouts principales (et indéniable) de La La Land reste très certainement son esthétique qui fait directement échos à ses prédécesseurs, les comédies musicales des années 50 et 60. En effet, ce travail très contrasté des couleurs fascine notre rétine et nous rappellent les œuvres de Jacques Demy (la scène d’introduction par exemple, qui fait référence à celle des Demoiselles de Rochefort) ou encore Vincente Minnelli (le final qui, bien évidemment, est directement inspiré de celui d’un Américain à Paris). De plus, on notera le travail très évocateur des costumes qui renvoient instinctivement à un sentiment bien précis.

En effet, dans La La Land, les couleurs ont un rôle et une signification bien précise, et seront en constante évolution tout le long du film. Le format chapitré sous forme de saisons marque les transitions entre ces diverses couleurs, et parallèlement entre les sentiments des personnages principaux. Durant toute la première partie, on remarque le travail sur les couleurs primaires (bleu, jaune et rouge), notamment à travers les costumes. Ainsi, la robe bleue de Mia est l’expression des rêves, du fantasme, de la candeur et du besoin de découverte de ce personnage. La robe bleue, qui transitera vers la robe jaune, symbolisme de la joie, de son ouverture à l’amour (cf la première scène de danse entre Mia et Sebastian, et les débuts de leur relation), mais également de sa confiance en soi (on notera cependant la redondance du bleu à travers l’éclairage ou autres textures, qui baigne nos personnages et rappelle doucement la part onirique de chaque scène). 

Puis avec sa deuxième partie, le film devient alors un traité acerbe de la désillusion amoureuse sur un fond caractérisé par les aspirations professionnelles contrariées. Les couleurs deviennent alors plus ternes, plus proches de la réalité. On s’affranchit petit à petit de l’aspect comédie musicale pour laisser place à un plus grand réalisme.
On notera également que l’esthétisme de La La Land n’est pas sans rappeler celle du peintre naturaliste Edward Hopper (dont on aperçoit un tableau à un moment). Les plans nocturnes rappellent particulièrement certaines de ses œuvres comme «Nighthawks» , «New York Movie», ou encore «Summer». On note une prédominance des couleurs primaires, un travail important sur la lumière (souvent isolée, actrice à part entière de la scène qu’elle illustre), ainsi que des couleurs très contrastées. Le parallèle devient évident, en particulier avec la scène de danse entre Mia et Sebastian, après l’observatoire.
Toute la fascination pour les paysages urbains, l’Amérique, qu’avait Edward Hopper, se retranscrit parfaitement aussi dans l’œuvre de Damien Chazelle.
On peut également faire un parallèle avec l’esthétique de Paris Texas (Wim Wenders – 1984) et ses lumières artificielles aux teintes très saturées.

 

 


Les allers retours entre réalité et fantasmes, illusions et vérité

Mais là où le film devient tout de même bon, c’est lorsqu’il se détache de ses parties chorales. Effectivement, la seconde moitié du film distille lentement mais sûrement une impression plus amère. En effet, à travers Los Angeles et Hollywood, symbolisme des rêves qui se réalisent, Damien Chazelle amène une poignante allégorie des illusions perdues, autour de cette machine à rêves. Le film quitte ce conte musical féerique, pour atterrir dans la réalité, celle des difficultés économiques, du renoncement, des promesses non tenues, des rêves brisés. Se pose alors un questionnement assez intéressant… Doit-on renoncer à son intégrité artistique le temps de se donner les moyens de concrétiser un rêve? A quel moment l’espoir d’un métier devient-il un fantasme? Là, réside véritablement tout l’intérêt du film… Car derrière l’emballage éclatant et bariolé de ce conte, se cache un récit fataliste sur la poursuite des rêves.

A ceci s’ajoute une histoire d’amour contrariée par la dure réalité de l’existence (mais assommée par de trop nombreux clichés malheureusement). Effectivement, la vision de Damien Chazelle sur l’amour demeure assez cynique. Notamment dans la scène finale qui, sous forme de flashback, laisse entrapercevoir les fantasmes (ou les regrets) de Mia et/ou Sebastian. Cette séquence est toutefois très intéressante car, en plus d’être non conventionnelle, elle souligne le fait que la vie apporte sont lot de désillusions, surtout lorsque l‘on souhaite se réaliser individuellement. Permettant ainsi à chacun de s’élever, et finalement de se sentir mieux qu’avant. L’épanouissement individuelle est possible, ainsi que le bonheur, loin des happy ending classiques, de l’amour éternel et d’un être idéal qui n’existe pas.

 

 

Petit drame sentimental (en demi teintes) maquillé assez sublimement en grand film de l’âge d’or Hollywoodien,  qui a le mérite de mettre en lumière les grands classiques, mais aussi de dénoncer la machine à rêves hollywoodienne qui amène à l’aliénation et aux désillusions.

 

Retour sur images avec “Whiplash”, la fureur du Jazz

Réalisateur: Damien Chazelle

Acteurs: Miles Teller (Andrew Neiman), J.K. Simmons (Terence Fletcher), Paul Reiser (le père d’Andrew), Melissa Benoist (Nicole), Austin Stowell (Ryan), Nate Lang (Carl Tanner), Chris Mulkey (Oncle Frank), Damon Gupton (M. Kramer)…

Genre: Drame, Musical

Nationalité: Américain

Date de sortie: 24 décembre 2014

Durée: 1h47

 

Après la sortie du second film de Damien Chazelle, je me suis dit qu’il serait bon de revenir sur son premier long métrage et son premier chef d’œuvre si j’ose dire…J’ai bien sur nommé Whiplash.
Whiplash, c’est des nominations à n’en plus finir, des récompenses toutes aussi nombreuses, des éloges à profusion, et des ovations suscitées de partout… Ce film a très certainement marqué et fait l’unanimité en 2014, dans l’industrie cinématographique.

Synopsis:

Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence…

 

 

Whiplash est un sacré moment de cinéma, tout en étant une expérience musicale inoubliable. Effectivement, cette dernière ne se résume pas à être une simple bande originale… elle prend ici une place majeure. Chaque instrument, chaque note de musique, sont personnifiés, et accaparent la vedette de ce film.

Vedette partagée également à travers le duo sans fausses notes,formé par le très talentueux Miles Teller et J.K. Simmons (tout bonnement fantastique). Ces derniers nous délivrent un face à face éreintant ainsi qu’un véritable duel psychologique assez oppressant pour le spectateur ; les plans toujours très rapprochés nous plonge au cœur même de la passion pour la musique pour le meilleur comme pour le pire. Car oui…devant Whiplash, on souffre, on retient son souffle entre chaque affrontement, on ressent toute cette atmosphère étouffante, accablée par la passion. Tout y est exacerbé, intense, violent. Mais qu’est ce qu’on adore détester cette ambiance et J.K. Simmons (alias Sergent HartmanFull Metal Jacket pour les connaisseurs). Quoi qu’il en soi, que l’on soit mélomane ou non, il est difficile de rester insensible face à la démonstration viscérale de cette enseignement si douloureux. La course à la persévérance, la grâce et le génie de nos deux géants se terminera finalement par une dernière confrontation, un duel au sommet, complètement électrisant.

Visuellement, Whiplash nous délivre une esthétique magnifique, aux couleurs cuivrées qui se marient parfaitement avec les gros plans sur les instruments. Sans oublier la mise en scène léchée, mise en parallèle avec les états d’âmes de Andrew (Miles Teller) faisant grimper crescendo la tension tout le long du film.

Est-il également nécessaire d’évoquer les séquences musicales aussi impressionnantes que jouissives pour nos oreilles? Notre pied bat la mesure tout comme notre cœur bat la chamade face à ce large panel d’émotions.

 
Enfin, on comprend bien que l’intérêt de Whiplash n’est donc pas nécessairement dans son scénario (somme toute assez simple) mais bien dans sa façon de le raconter, et surtout dans les sensations qu’il procure.

 

Review Klock | Dettmann – Phantom Studies

Après une dernière collaboration qui remonte à environ 10 ans, après avoir bousculé les codes de la techno, après avoir fait du Berghain un temple pour les technophiles ; Ben et Marcel reviennent pour une collaboration sur le label Ostgut Ton. Préparez-vous à les revoir très vite sur le devant de la scène dans des B2B d’exceptions !

Mais revenons à nos moutons et parlons de leur dernier album intitulé « Phantom Studies ». Il est composé de sept titres, tous avec une connotation très sombre. On s’imagine dans l’antre du Berghain, près à être confronté aux basses puissantes du club berlinois.

 

 

Ce nouvel album nous présente des titres qui ont fait le bonheur des amoureux de la techno comme « Drawning » ou « Scenario » qui étaient déjà morceaux sombres, rythmés  avec une mélodie très discrète mais bien présente pour nous faire lanciner.

Ce double EP est très caractéristique des deux allemands, en effet il replace au cœur de leur musique une sonorité sombre et puissante tout en rajoutant cette fois ci des percussions et des mélodies plus dominante que sur leurs anciennes productions.

On commence l’écoute de cet album avec « Prophet Man », un morceau qui nous offre le bonheur d’entendre et d’écouter Ben Klock nous dire « Je peux brancher vos câbles ». Ce titre est pour la rédaction, le titre d’introduction pour un set puissamment sombre ! Par la suite on enchaine avec « Bad Boy » qui d’ailleurs sur le vinyle s’enchaine aussi et alors là on resté subjugué sur la concordance entre ces deux morceaux, ils s’enchainent admirablement bien et d’ailleurs on note que dans celui-ci le BPM s’accélère et autour de ce battement par minute, s’articule un synthé et des percussions entraînantes.

 

 

Dans la continuité de notre écoute, on arrive sur le morceau « The World Tonight » et bizarrement malgré que le son soit assez déstructuré, il est réellement plaisant et jolies à écouter. Enfin, car on ne veut pas non plus tout vous décrire le titre « No One Around » est très sombre avec un BPM rapide ; personnellement l’ancien titre de Marcel Dettmann « Drawning » ressemble beaucoup à ce titre.

 

 

Pour ce double disque, Marcel et Ben créent une techno rythmé et mélodique qui peut-être bousculera encore une fois les codes de la techno berlinoise.

Review : Vaiana, La Légende du Bout du Monde

Réalisateurs: Ron Clements – John Musker

Genre : Animation

Nationalité : Américain

Avec : Cerise Calixte, Anthony Kavannagh, Mareva Galanter (voix en VF). Auli’i Cravalho, Dwayne Johnson, Nicole Scherzinger (voix en VO)…

Date de sortie : 30 novembre 2016

Durée : 1h43mn

 

 

 

Synopsis:

C’est depuis les îles océaniennes du Pacifique Sud que Vaiana, navigatrice émérite, se mettra à la recherche d’une île mystérieuse afin de sauver son peuple et son île soudainement menacés par un mal bien mystérieux. Au cours de son voyage, elle rencontrera Maui, un demi-dieu costaud et aux tatouages surprenants, qui l’aidera à sillonner les océans et à accomplir un voyage épique empli d’énormes créatures marines, de mondes sous-marins, mais aussi de traditions fort anciennes…

 

 

Comme après chaque aventure Disney, j’en ressors toujours à la fois émerveillée. En effet, les studios Disney possèdent cette force indicible qui enthousiasme et enchante depuis des générations.
Ainsi, Vaiana, la légende du bout du monde, 56e production du géant Disney, ne déroge pas à la règle. En confiant ce projet au duo mythique Ron Clements et John Musker (Basil, détective privé, La Petite Sirène, Aladdin, Hercule…), on retrouve l’esprit des plus grands Disney des années 90 en un magnifique voyage initiatique aux accents écologiques et poétiques.

 

Les +:

Créatif, beau, puissant, le dépaysement est total et l’on est complètement transporté vers le pacifique sud, dans une explosion de couleurs chatoyantes.

C’est donc dans la forme que Vaiana nous touche le plus… l’aspect technique est hautement maîtrisé : l’eau magnifie chaque plan, chaque image, les mouvements sont fluides et naturels, la végétation est complètement sublime, même le mouvement des chevelures et des vêtements sont impressionnant de réalisme. Le tout est époustouflant, d’autant plus qu’il s’agit de la première production entièrement réalisée en images de synthèse pour nos deux réalisateurs.
De plus, les personnages sont tous plus ou moins attachants (petit + pour la personnification de l’océan, qui devient alors un personnage à part entière) et ont le mérite d’être développés convenablement.

On appréciera également le fait que Disney ne cantonne plus ses héroïnes dans le rôle de jolie plante, un peu empotée. À l’instar de ses précurseurs Belle (La Belle et la Bête), Raiponce ou encore Elsa (La Reine des Neiges), Vaiana (ou Moana en VO) symbolise la femme active, émancipée, celle qui a des convictions et va au-delà de ses limites, avec ou sans compagnon. Une femme moderne et autonome, dévouée à son peuple et non en quête d’une romance superflue. Elle devient ainsi la première héroïne Disney qui ne noue aucun lien amoureux avec son protagoniste principal. Est-il important de le souligner ? Oui, je le pense. Cela marque sans conteste une avancée dans l’écriture des héroïnes « disneyiennes » et cela propose différents modèles pour le jeune public. Seul le dépassement de soi et l’aventure prévaut.
Enfin, on reste émue par la dimension écologique que prend le film, et qui n’est pas sans rappeler le final grandiose de Princesse Mononoké. L’harmonie entre la nature et les hommes, et l’équilibre complexe entre l’activité humaine et le respect de cette nature.

Les –:
Malgré son visuel à couper le souffle, Vaiana souffre par son scénario assez formaté et prévisible et par ses chansons calibrées, aux sonorités maintes et maintes fois entendues. En effet, les chansons sont trop nombreuses et sont de qualité assez moyenne. Elles cassent le rythme et deviennent carrément horripilantes à certains moments, excepté peut-être pour « How Far I’ll Go » (« Bleu Lumière » en VF) qui, malgré ses accords entêtants et répétitifs, reste agréable à l’oreille. En effet, il devient de plus en plus difficile de se remémorer une dernière très bonne BO Disney… (mais où est passé le temps de Alan Menken, ou encore de Hans Zimmer et Jerry Goldsmith ?!). Mais ceci appartient à un autre débat…
En revanche, concernant l’humour, on repassera sûrement. En plus d’être redondant (le running gag avec le poulet ou Vaiana transporté par l’océan après avoir été éjecté du bateau), le tout est très forcé et parfois lourd. Mais c’est le scénario bien trop convenu qui, malheureusement, empêche la surprise et nous laisse légèrement sur notre fin.  

 

En bref, Vaiana est une claque visuelle, un pur moment de bonheur pour la rétine mais le scénario reste cependant en demi-teinte. Toutefois, Disney rappelle encore que le cinéma d’animation reste un grand générateur d’émotions et d’escapades…

 

 

SSSHAKE creative community ou l’application que l’on attendait!

SSSHAKE creative community

Créer, connecter et collaborer

J’ai revu un ami de longue date qui a décidé avec son associée de lancer une appli’ sous le nom de SSSHAKE.

Mais qu’est-ce que c’est? Pourquoi trois S?

Lire la suite

Rencontre avec Alex et Laetitia du label KATAPULT

Et voilà ça fait maintenant 20 ans que vous partagez votre passion pour la musique. Un petit retour vers le futur s’impose !

Comment est né KATAPULT et comment ont fonctionné vos 5 premières années (1997-2002) ?

Katapult est né un petit matin. Nous venions de rentrer de Montpellier où Alex faisait des études de socio. Nous étions sur la plage normande à nous demander ce que nous allions faire demain et comme par magie l’idée d’ouvrir une boutique de disques est née. Nous aimions aller en soirée, nous commencions à nous acheter des disques de techno chez Bpm entre autres. Nous étions passionnés. Nous voulions participer au développement de cette musique, mais aussi de son état d’esprit.

  • Shop de vinyle à Rouen

Le shop à Rouen a ouvert en 1996, et a fermé en 1999. Nous avions une soif de Paris. Une envie d’être là où les choses se passaient vraiment.

  • Quelles ont été vos rencontres importantes ?

A cette époque, je dirais Fabrice Després, boss de l’agence de promo spécialisée dans la musique électronique (Phunk Promotion). Grâce à lui entre autres, notre boutique a décollé très vite.

  • La plus belle anecdote de ces 5 ans

Les gens qui arrivaient dans notre boutique à Rouen, se mettaient à danser comme des dingues devant les enceintes, en pensant être encore dans la teuf de la veille. Honnêtement c’était drôle cinq minutes !

 

De 2002 à 2007, la machine est lancée ?

  • Quels ont été les rencontres importantes ?

En premier c’est bien entendu Ark. Le label Karat a d’ailleurs été créé pour produire sa musique. Il nous a introduit à Paris. Il connaissait beaucoup de monde, et nous a beaucoup apporté.
La deuxième personne je dirais Thierry Picouret. Il bossait à la distribution chez DISCOGRAPH. Il a défendu Karat lorsqu’il bossait chez eux, et il a fait un énorme travail pour développer le label aussi bien en France qu’à l’étranger.

  • Sortie d’EP et d’Album

Cette période est une période très riche pour Karat. Nous sortons le premier disque de Chloé mais, aussi des disques avec Krikor, Noze, Skat, Cabanne, Portable… bref toute la jeune génération que le monde entier regardait arriver. C’était vraiment des années de folies. Chaque artiste avait sa personnalité. On pouvait vendre des disques pour le club comme pour une écoute plus domestique. C’était intense à tous les niveaux. On se lâchait !

  • La plus belle anecdote de ces 5 ans

C’est dur de choisir une anecdote, je dirais Ark qui avait son studio dans la cave du magasin. Il montait pour tirer la chasse afin de sampler l’eau qui passait dans les tuyaux. C’était épique.

 

De 2007 à 2012, les années difficiles ?

Ce sont les années noires de Katapult. La boutique a fermé depuis deux ans déjà.

Alex bosse la moitié du temps en Normandie et nous essayons de monter des événements et de lancer les artistes. Nous n’étions pas très bien dans nos têtes. On n’avait pas la bonne énergie. On a fait pas mal d’erreurs sur les signatures, pas mal d’artistes nous ont lâchés. L’événement à la machine est un fiasco monumental que je ne m’explique toujours pas aujourd’hui. On avait plus le vent en poupe. Mais, à l’époque, on ne connaissait pas encore la règle du jeu, alors on prend une tarte. Avec du recul c’est complètement logique d’avoir des moments de moins bien dans un parcours artistique comme le nôtre. C’est juste que la première fois c’est dur à encaisser c’est un peu comme ta première rupture amoureuse.

Fin 2000, les choses commencent sérieusement à aller mieux. On sort de très bons disques. On sort la tête de l’eau ! À Paris une nouvelle dynamique est en train de prendre place grâce à des soirées comme la Sundae qui voit naître une nouvelle génération de passionnés de musique. C’est frais, alors on fonce !

 

De 2012 à 2017, le djing prend une place prépondérante ?

2012 à 2016 on se consacre essentiellement à notre carrière de djs et d’orga. Notre rencontre avec Aurelien Delaeter a été très décisive. Il nous a proposé de faire une saison sur le River’s King. On a hésité, car nous n’étions pas sûrs d’arriver à fédérer du monde toutes les semaines, en fin de compte, ce sont devenues des fêtes super magiques. On avait tout le temps du monde, un public éclectique, une programmation irréprochable, une équipe très soudée. C’était la fête dans toute son apogée.

Pour l’année 2017, nous pensons nous consacrer essentiellement au label, à nos bookings et dans l’organisation de deux belles fêtes par an. L’événementiel, c’est très dure ! On puise dans nos réserves et on s’arrache les cheveux parfois. C’est un métier dans lequel tu es tributaire de trop de paramètres non-maîtrisables, comme le temps par exemple. Je ne me sens plus assez légère pour prendre autant de risques.

  • Comment expliquez-vous la venue d’artistes souvent compliqués à booker sur Paris (Ricardo Villalobos, les « roumains », Baby Ford…) ?

Nous arrivons à faire venir régulièrement des artistes pas facile à avoir parce que nous sommes là depuis longtemps et puis souvent, ce sont devenus des amis. Cependant, face à des machines imposantes et leur politique d’exclusivité (ce qui pour moi est contre-productif et surtout un non-sens par rapport à l’esprit de cette musique) nous ne faisons pas le poids et beaucoup d’artistes que nous aimerions booker sont aujourd’hui inaccessibles.

 

     1.  Pour le plaisir de se retrouver, pouvez-vous nous dire quels sont vos clubs préférés à Paris ?

LE REX CLUB

     2.  La meilleure soirée que vous ayez organisée ?

Electric avec Ricardo Villalobos, baby ford et thomas Melchior

     3.  La meilleure soirée à laquelle vous avez participé ?

Mozinor 1993

     4.  Vos artistes préférés hors musique électronique ?

Vinícius de Moraes / Prince / Et des milliers d’autres

     5.  Comment vous voyez les 5 prochaines années ? Une légion d’honneur ?

Je vois une légion de disque. Et pour le reste advienne que pourra. Un peu de paix serait le bienvenu

Vous pouvez gagner des places pour la prochaine soirée KATAPULT dans la partie concours !

 

Une visite chez Franklin Tree

Et si on faisait un petit tour du côté de chez nos amis les anglais. Direction L’EAST LONDON. Pour ceux qui sont à la recherche des nouvelles tendances shoppings ou tout simplement trouver l’article original qu’il n’a pas dans sa garde-robe, je vous propose de vous rendre dans le quartier Est de Londres et plus […]

Report électrisant du Weather Winter 2016

On vous avait annoncé le retour du Weather Winter. On nous avait promis une belle édition. Promesse tenue par Surpr!ze pour une soirée incroyable, durant deux jours de techno et de teuf.

Dès la ligne 7, l’ambiance est électrique et le public du Weather est comme d’habitude : beaucoup trop chaud. Arrivés à minuit au Paris Event Center, on entend à plusieurs mètres le son résonner depuis les hangars. L’attente fut longue mais non des moindres interminables ; bières à la main, nous essayons de nous faufiler parmi les mouvements d’une immense foule déchaînée. Passés l’entrée, déjà plus de batterie. Heureusement, nous avons une technique festivalière ingénieuse qui nous permet de nous retrouver sans téléphone ; un tournesol géant qui avait déjà fait l’unanimité au Weather Festival 2016 et 2015. Le seul léger problème c’est si tu es du genre pisto, tu ne peux pas avoir une crampe au bras et tenir la fameuse fleur. On te conseille plutôt le voguing, à bon entendeur.

Tous regroupés autour de notre super technique, nous avançons d’un pas euphorique dans le premier hangar. La taule suinte aux coups du set contemporain de Marcel Dettmann qui était présent à la première édition de Montreuil. Lancement illico au Berghain et les Portes de la Villette se retournent en un immense Berlin des années 2000. Le soundsystem, géré par la marque française L-Acosutics, est d’une qualité pure et galvanisante grâce à la diffusion en série K. A la scénographie, l’équipe de Surpr!ze a mis le paquet en s’associant avec Giglam. Délabrée, urbaine et underground, le DJ est entouré de voitures brûlées. Quant au show de lumières, il s’accorde parfaitement à chaque sonorité acid envoyée. Après un set électrisant nos corps, vient l’incroyable live/Dj set hybride de Peter Van Hoesen & Donato. Deux maîtres de la techno dont la réunion est rare, ce qui a complètement transcendé la foule. Plein les pattes et comme une envie de discuter un peu, nos jambes douloureuses se posent à l’espace chill, sur le côté de la scène B. Astucieux car on peut à la fois se reposer, entendre le son, et discuter.

Nous passons à l’autre hangar. Entre les deux, le froid et les innombrables perdus qui errent en recherche d’eau, de soutien. J’en rattrape un au vol qui ne saurait manquer de rendre ses tripes. Nous rencontrons quelques personnes, encore en pleine forme et nos discussions divaguent d’Arte à la photographie. Nous décidons de nous relever avant de frôler le drame national d’une éventuelle douche dégobillée. A quelques pas, une belle installation de foodtrucks dont l’indétrônable Camion Qui Fume et un point d’eau nous permettent de tenir le coup. Au bar, grâce à notre rechargement cashless, tout va très vite. Pour notre plus grand plaisir du gosier (et pas du foie), nos pichets de bières se vident aussi vite qu’ils sont arrivés dans nos mains. Le froid nous rattrape et plus précisément, les premières notes d’un taulier du Weather.

Deux salles, deux ambiances. Plus nécessaire de le présenter, Laurent Garnier a été à la hauteur de nos attentes, comme à son habitude. Pendant près de quatre heures, de ses classiques tels que Crispy Bacon à ses nouveautés qui font de lui l’un des pionniers de la techno, Garnier a su nous faire tenir jusqu’au petit matin en maîtrisant un set éclectique dont il a le secret.

Les lumières s’éteignent, fin de la fête. Les teufeurs se divisent en deux teams ; d’un côté les faiblards comme nous qui reprenons la direction du métro ligne 7 (beaucoup moins folle qu’il y a quelques heures) se confondant aux travailleurs frais du matin, et de l’autre côté les infatigables qui se dirigent d’un bon rythme vers la Concrete pour un dimanche closing en douceur.