Rencontre avec Alex et Laetitia du label KATAPULT

Et voilà ça fait maintenant 20 ans que vous partagez votre passion pour la musique. Un petit retour vers le futur s’impose !

Comment est né KATAPULT et comment ont fonctionné vos 5 premières années (1997-2002) ?

Katapult est né un petit matin. Nous venions de rentrer de Montpellier où Alex faisait des études de socio. Nous étions sur la plage normande à nous demander ce que nous allions faire demain et comme par magie l’idée d’ouvrir une boutique de disques est née. Nous aimions aller en soirée, nous commencions à nous acheter des disques de techno chez Bpm entre autres. Nous étions passionnés. Nous voulions participer au développement de cette musique, mais aussi de son état d’esprit.

  • Shop de vinyle à Rouen

Le shop à Rouen a ouvert en 1996, et a fermé en 1999. Nous avions une soif de Paris. Une envie d’être là où les choses se passaient vraiment.

  • Quelles ont été vos rencontres importantes ?

A cette époque, je dirais Fabrice Després, boss de l’agence de promo spécialisée dans la musique électronique (Phunk Promotion). Grâce à lui entre autres, notre boutique a décollé très vite.

  • La plus belle anecdote de ces 5 ans

Les gens qui arrivaient dans notre boutique à Rouen, se mettaient à danser comme des dingues devant les enceintes, en pensant être encore dans la teuf de la veille. Honnêtement c’était drôle cinq minutes !

 

De 2002 à 2007, la machine est lancée ?

  • Quels ont été les rencontres importantes ?

En premier c’est bien entendu Ark. Le label Karat a d’ailleurs été créé pour produire sa musique. Il nous a introduit à Paris. Il connaissait beaucoup de monde, et nous a beaucoup apporté.
La deuxième personne je dirais Thierry Picouret. Il bossait à la distribution chez DISCOGRAPH. Il a défendu Karat lorsqu’il bossait chez eux, et il a fait un énorme travail pour développer le label aussi bien en France qu’à l’étranger.

  • Sortie d’EP et d’Album

Cette période est une période très riche pour Karat. Nous sortons le premier disque de Chloé mais, aussi des disques avec Krikor, Noze, Skat, Cabanne, Portable… bref toute la jeune génération que le monde entier regardait arriver. C’était vraiment des années de folies. Chaque artiste avait sa personnalité. On pouvait vendre des disques pour le club comme pour une écoute plus domestique. C’était intense à tous les niveaux. On se lâchait !

  • La plus belle anecdote de ces 5 ans

C’est dur de choisir une anecdote, je dirais Ark qui avait son studio dans la cave du magasin. Il montait pour tirer la chasse afin de sampler l’eau qui passait dans les tuyaux. C’était épique.

 

De 2007 à 2012, les années difficiles ?

Ce sont les années noires de Katapult. La boutique a fermé depuis deux ans déjà.

Alex bosse la moitié du temps en Normandie et nous essayons de monter des événements et de lancer les artistes. Nous n’étions pas très bien dans nos têtes. On n’avait pas la bonne énergie. On a fait pas mal d’erreurs sur les signatures, pas mal d’artistes nous ont lâchés. L’événement à la machine est un fiasco monumental que je ne m’explique toujours pas aujourd’hui. On avait plus le vent en poupe. Mais, à l’époque, on ne connaissait pas encore la règle du jeu, alors on prend une tarte. Avec du recul c’est complètement logique d’avoir des moments de moins bien dans un parcours artistique comme le nôtre. C’est juste que la première fois c’est dur à encaisser c’est un peu comme ta première rupture amoureuse.

Fin 2000, les choses commencent sérieusement à aller mieux. On sort de très bons disques. On sort la tête de l’eau ! À Paris une nouvelle dynamique est en train de prendre place grâce à des soirées comme la Sundae qui voit naître une nouvelle génération de passionnés de musique. C’est frais, alors on fonce !

 

De 2012 à 2017, le djing prend une place prépondérante ?

2012 à 2016 on se consacre essentiellement à notre carrière de djs et d’orga. Notre rencontre avec Aurelien Delaeter a été très décisive. Il nous a proposé de faire une saison sur le River’s King. On a hésité, car nous n’étions pas sûrs d’arriver à fédérer du monde toutes les semaines, en fin de compte, ce sont devenues des fêtes super magiques. On avait tout le temps du monde, un public éclectique, une programmation irréprochable, une équipe très soudée. C’était la fête dans toute son apogée.

Pour l’année 2017, nous pensons nous consacrer essentiellement au label, à nos bookings et dans l’organisation de deux belles fêtes par an. L’événementiel, c’est très dure ! On puise dans nos réserves et on s’arrache les cheveux parfois. C’est un métier dans lequel tu es tributaire de trop de paramètres non-maîtrisables, comme le temps par exemple. Je ne me sens plus assez légère pour prendre autant de risques.

  • Comment expliquez-vous la venue d’artistes souvent compliqués à booker sur Paris (Ricardo Villalobos, les « roumains », Baby Ford…) ?

Nous arrivons à faire venir régulièrement des artistes pas facile à avoir parce que nous sommes là depuis longtemps et puis souvent, ce sont devenus des amis. Cependant, face à des machines imposantes et leur politique d’exclusivité (ce qui pour moi est contre-productif et surtout un non-sens par rapport à l’esprit de cette musique) nous ne faisons pas le poids et beaucoup d’artistes que nous aimerions booker sont aujourd’hui inaccessibles.

 

     1.  Pour le plaisir de se retrouver, pouvez-vous nous dire quels sont vos clubs préférés à Paris ?

LE REX CLUB

     2.  La meilleure soirée que vous ayez organisée ?

Electric avec Ricardo Villalobos, baby ford et thomas Melchior

     3.  La meilleure soirée à laquelle vous avez participé ?

Mozinor 1993

     4.  Vos artistes préférés hors musique électronique ?

Vinícius de Moraes / Prince / Et des milliers d’autres

     5.  Comment vous voyez les 5 prochaines années ? Une légion d’honneur ?

Je vois une légion de disque. Et pour le reste advienne que pourra. Un peu de paix serait le bienvenu

Vous pouvez gagner des places pour la prochaine soirée KATAPULT dans la partie concours !

 

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Maxime

Etudiant pour qui la musique facilite son transit intellectuel. C'est avec enthousiasme, plaisir et envie que je vous fais partager ma passion musicale !

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