Interview : Maestro, le trio qui détonne

A l’occasion du concert de Maestro au Badaboum aux côtés de Blind Digital Citizen et Yan Wagner samedi soir, nous avons voulu en savoir un peu plus sur le trio à l’univers singulier. Une rencontre oscillant entre anglais et français, à l’image des membres, que nous avons voulu retranscrire dans son originalité.

maestro au badaboum

Avant de débuter, question banale mais nécessaire : qui se cache derrière Maestro ?

A la base nous sommes deux : Mark Kerr et Frédéric Soulard. A présent nous sommes trois, sur scène et « dans la vie » avec Antoine Boistelle.

Pourquoi ce choix de nom « Maestro » ? Pour tendre vers l’excellence ?

Yes exactly! Excellence. The name somehow keep us on the right direction. We are also into sword fencing so we often have duels to see who is the real Maestro.

Tout à fait ! Ce nom doit nous guider dans la bonne direction. Nous sommes constamment dans une lutte et nous devons nous battre pour voir qui est le vrai Maestro.

Vous bossiez chacun de votre côté avec des groupes différents, vous vous êtes rencontrés comment ? Qu’est ce qui vous a poussé à former un groupe ? 

L’amitié d’abord ! On sentait que l’on pouvait se compléter en faisant de la musique ensemble. On a tout de suite trouvé un équilibre qui nous plaisait entre les références très pointues de Mark par exemple, et une approche plus « bourrin », le feeling quoi!

Quels avantages tirez-vous de vos précédentes expériences (dans d’autres groupes) ?

La persévérance, ne jamais rien lâcher.

Sinon votre style de musique c’est quoi ? C’est plein de choses en même temps, alors vous le définiriez comment ? 

Oui c’est plein de choses, enfin c’est surtout la liberté je crois, c’est pour ça qu’on a monté ce projet, pour faire la musique que l’on veut, sans concessions. On n’a pas envie de s’enfermer tout de suite dans un style, on imagine plus notre aventure comme un terrain d’expérimentation, de sensation. Bon après il y a des thématiques que l’on retrouve plus que d’autres et qui seront toujours là : la musique indus, les grooves de mpc que Mark sample à longueur de nuits, le côté exotique des synthés, un amour de la mélodie simple … On espère aussi avoir une musique profonde sans lourdeur, libératrice plutôt. En tout cas pour nous c’était libérateur de faire cet album! C’est surtout le premier album de Mark Kerr en tant que chanteur, c’était aussi ça le but du projet, ça faisait 10 ans que tout le monde se doutait qu’il était fantastique, mais personne n’avait réussi à apprivoiser le « scottish monster » ahah!

maestro

Justement vos derniers Eps remontent à 2012, qu’est ce qui explique cette longue absence? Comment avez-vous préparé votre LP « Mountains of Madness » ?

On a passé pas mal de temps sur les routes Antoine et moi avec Vitalic et on a eu plusieurs réalisations d’albums aussi. Mark de son côté a tourné avec Discodéine et Bottox. On a l’impression d’être assez rapides, mais c’est vrai que le temps passe vite!

D’ailleurs, on est déjà en studio pour enregister des nouveaux morceaux qu’on souhaite sortir à la rentrée, patience!

Vous bossez avec le label indé Tigersushi, comment en êtes vous arrivés à travailler avec eux ?

J’ai rencontré Mark quand il faisait les drums pour le groupe de Joakim (le boss de Tigersushi), je faisais le son façade. On a tourné pas mal d’années avec ce groupe. Ensuite Joakim nous a tout de suite poussé à continuer lorsqu’on lui a fait écouter nos premières démos.

Mark on sait que tu étais batteur pour les Rita Mitsuko. Avec Maestro tu changes de rôle puisque tu chantes. Pourquoi ce changement ? En toute honnêteté tu préfères quoi ? (ça reste entre nous et nos lecteurs ne t’en fais pas)

I have always sang. With the bands I played drums with I sang backing vox also. This time it was Fred who convinced me to stop hidding behind the drums and come out in front. I don’t have a preference. I enjoy very much doing both.

J’ai toujours chanté. Avec les groupes je jouais de la batterie mais je faisais aussi les chœurs. Cette fois c’est Fred qui m’a convaincu d’arrêter de me cacher derrière ma batterie, et de mettre ma voix en avant. Je n’ai pas de préférence. J’adore faire les deux!

Comment appréhendez-vous les lives ? Maintenant vous êtes au « centre de l’attention » tandis qu’avant vous étiez plutôt en retrait ?

Ahah ça va! « Au centre de l’attention » on y est pas encore! On fait tout pour jouer un maximum et continuer à expérimenter mais il y a encore du chemin à faire. En fait même si ça fait un bout de temps qu’on est sur le projet, on pourrait dire que c’est le commencement : on sort de notre chambre pour jouer notre musique, et ça c’est trippant!

maestro

Parlez-nous un peu de votre identité visuelle. Ça s’inscrit au centre de votre projet ?

Our visual identity is very important to us. It’s a big part of the cake as much as the music and lyrics. We’ve had the opportunity to work with a few great artists who have made our Record covers, Concert Flyers, Videos, etc. People like Uncle O, Vincent Bergerat and the Parachutes.

We also have visuals ready for our live show so hopefully we’ll get the chance to use these soon!

Notre identité visuelle est très importante pour nous. C’est une part très importante du gâteaux, autant que la musique ou les paroles. On a eu l’opportunité de travailler avec des supers artistes qui ont réalisé nos pochettes d’albums, nos affiches de concerts, nos vidéos, etc. On a travaillé avec des artistes comme Uncle O, Vincent Bergerat ou encore Parachutes.

Nous avons aussi des visuels de prêt pour notre concert live, et heureusement on a la chance de pouvoir les utiliser bientôt !

Comment en êtes vous venus à collaborer avec Parachutes d’ailleurs ?

On a cherché longtemps des réalisateurs de clip avec des idées qui nous inspiraient. Ce n’est pas facile car il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte, et souvent les réals font ça en espérant se faire repérer par une boîte pour faire de la pub,  du coup ça donne beaucoup de scénarios et références visuelles avec des mannequins anorexiques, des « gens beaux » (sic), pas trop notre trip…

Parachutes ont trouvé une idée simple et géniale, ce sont des gros nerds, je crois qu’ils ont quasiment pas dormi pendant un mois et demi pour finir le clip ! Ils sont vraiment doués, sensibles et savent pousser une idée à l’extrême. On n’exclut pas de refaire quelque chose ensemble un jour, à suivre…

Le clip de « Darlin’ Celsa » réalisé par Parachutes

Une anecdote amusante pour terminer ?  

Okay.  How do you call a Spanish man who has lost his car ?

Answer : Carlos

(On a vraiment besoin de traduire ?)

Un grand merci  pour avoir répondu à nos questions, on vous retrouve samedi au Badaboum, l’event par ici. Et puisqu’une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, on vous offre vos places de ce côté ci!

En attendant allez faire un tour sur le soundcloud du trio :

 Une interview réalisée avec l’aide de Lisa Chappot

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Electrisée par l'art ; préférence pour la création contemporaine, la musique visuelle et les nouveaux médias plutôt que pour les primitifs flamands. Etudiante en industries culturelles et en journalisme.

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