Le Big Four (ABC, NBC, CBS, FOX) : quel avenir pour les séries ?

Après notre article sur l’avenir des séries avec l’émergence des studios comme Netflix ou Amazon, penchons-nous désormais sur les stratégies choisies par les networks lors des derniers upfronts. La saison 2014-2015 s’est avérée réussie en termes d’audiences et de renouvellements pour le Big Four. D’après une étude menée par Variety, le taux de renouvellement des séries introduites durant la tranche septembre-mai est le plus élevé depuis la saison 2009-2010 pour ces chaines à l’exception de CBS.

  • ABC a renouvelé 7 nouveautés sur 11 (3 sur 14 en 2013-2014).
  • La CBS a renouvelé 5 nouveautés sur 8 (2 sur 8 en 2013-2014).
  • La FOX a renouvelé 3 nouveautés sur 8 (2 sur 8 l’année dernière).
  • La NBC a renouvelé 1 nouveauté sur 10, dont 2 en attentes (3 sur 11 l’année dernière).

Est-ce réellement un indicateur de qualité et de défis relevés ou est-ce que cela démontre un embarras à s’affranchir de séries trop moyennes sans bien savoir comment y remédier ? Cherche-t-on à imposer coûte que coûte une fidélité aux networks quand les audiences s’égrènent toujours plus face aux plateformes de streaming/vidéo à la demande ? La tendance est à une consommation différée et singulière selon le spectateur, qui ne souhaite plus s’ajuster à l’horaire imposé de l’épisode exclusif ou de sa rediffusion. Ainsi, les chaines du Big Four semblent effectivement à la peine, bien conscientes que leurs jours sont comptées à l’égard de leurs séries originales.

« Vous n’êtes pas seulement en compétition contre les nouvelles séries du câble ou sur internet ; vous êtes en compétition contre toutes les séries qui ont pu exister » a affirmé Jonnie Davis, président des affaires créatives de la 20th Century Fox TV, fier du hit inattendu qu’a été Empire et la comédie innovante The Last Man On Earth (enfin…son pilot en tout cas). Le volume de séries qui obtiennent leur feu vert s’est ainsi stabilisé : 41, sans prendre en compter celles développées pour cet été.

Ainsi, d’un point de vue qualitatif, les producteurs affirment que le plus gros challenge reste d’offrir des séries qui ne sont pas uniquement bonnes mais qui peuvent également sortir du moule (ce qui est le cas avec Empire). Un argument de poids quant il s’agit d’imposer une stratégie marketing face à la multitude de choix qui s’offre aux spectateurs (post)modernes. Pour cette raison, les studios tels que Warner Bros TV, Sony Studios et Universal Television passent de plus en plus par des échanges de scénarios, disposés à les céder à une chaine ou une autre selon les politiques en vigueur et la flexibilité des développements annuels.

Universal a donc contribué au lancement du drama policier avec Jennifer Lopez Shades Of Blue, à la comédie Hot & Bothered avec Eva Longoria et au retour de Coach, et doit le sauvetage de The Mindy Project à la réactivité de Hulu, plus que convaincue par les rediffusions du show de Mindy Kaling. La commande de deux saisons supplémentaires lui permettra ainsi de passer à 120 heures de programme total (pour, dès lors, tirer le meilleur profit des droits de diffusion). Les exemples affluent, comme le transfert de Crazy Ex-Girlfriend des studios de la CBS à CW, après que Showtime ait manifesté son intérêt.

D’après Patrick Moran, vice-président chez ABC, « il n’y a plus de place pour cette série qui végète sur la grille sans sa base de fans. C’est trop compétitif désormais. Il faut que chaque série ait le potentiel de devenir la série préférée des spectateurs. » C’est pourquoi le besoin en comédies d’ABC cette année a été limité dans la mesure où, grâce au succès de Black-Ish et Fresh Off The Boat notamment, « la marque de fabrique de nos comédies est facile à identifier à présent. Ça sera intéressant de voir comment les autres vont évoluer. » En effet, dans quelques semaines commence le gros du travail, consistant à mettre idéalement sur rails les séries phares de la rentrée et préparant de nouveaux développements dès fin mai.

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Surnommé McGyver pendant mes très jeunes années et Dawson pendant mes années un peu moins jeunes, le cinéma et les séries me collent à la peau depuis un bon petit moment maintenant. En 2002, 24h chrono a été la première addiction d'une longue série. J'écris depuis près de dix ans sur de nombreux forums, blogs et magazines consacrées au petit écran. Un top 5 ? Six Feet Under, Breaking Bad, The Shield, Boardwalk Empire, Mad Men et Lost (ça fait 6 je sais, mais la liste pourrait encore durer !). Vince Gilligan si tu me lis, je t'adore ! Et si tu cherches quelqu'un pour te servir le café et ramener des donuts, je candidate.

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