Série : Better Call Saul, pourquoi un générique si…merdique ?

Une transcription de l’interview des deux créateurs du spin-off de Breaking Bad, Peter Gould et Vince Gilligan, par Alan Sepinwall. Jugez par vous mêmes.


Gould
: Je crois que nous étions en train de parler des génériques des autres séries. Je dois essentiellement attribuer ça à Vince et Curtis. Pendant le montage d’un épisode, j’étais assis et eux ont commencé à s’amuser avec les filtres (…) et puis assez rapidement, ils ont fait ce test avec la Statue de la Liberté.
Gilligan : C’est ça. On devait garder cette idée là, avoir la Statue chaque semaine. Ce plan de la Statue gonflable vient en fait d’un épisode de Breaking Bad, c’est un peu une image d’archives. Je pense que l’idée finale à propos de ce que le générique représente – à savoir, à quel point il semble merdique, délibérément merdique – est que nous avons jeté un coup d’œil à ce que font les autres séries télé. Et leurs génériques sont tous très bien produits, très beau et stylisés. Visiblement, il y a énormément de filtres dans la plupart des génériques de grandes séries actuellement. Ils naissent au sein de boites spécialisées en post-production et qui font toutes un merveilleux travail. Mais parce qu’il s’agit d’une telle mode en ce moment, nous nous demandions : que pouvons-nous faire de différent ? Comme ces génériques sont tous biens, je savais qu’on devait rendre le nôtre merdique. Et je pointe le fait que le nôtre est intentionnellement merdique, et non pas merdique par erreur, et qu’il faut beaucoup de boulot pour le rendre volontairement merdique. Ce travail est fait par le très talentueux Curtis Thurber, a qui revient le plus gros du mérite. L’idée est que Saul Goodman est un homme qui engage toujours le prestataire le moins cher quand il s’agit de faire sa publicité pour la télévision. Même si notre série ne se concentre pas encore sur Saul mais sur l’homme qui le deviendra, il fallait néanmoins rôder le Saul des années Breaking Bad, avec une image très bas de gamme pour ses annonces. Ainsi, comme ce générique n’est pas cher à réaliser, en conséquence, pourquoi ne pas avoir une scène de générique différente chaque semaine ?
Gould : J’ajouterais à ça que rendre les choses assez merdiques fut un challenge. En général, Curtis faisait quelque chose et puis Vince arrivait et disait « Et si on le rendait encore plus merdique ? Et si on mettait un effet ondulé sur le titre ? Comment rendre ça pire ? » On pensait tous les deux au style des années 80, et comment nous pouvions mélanger les couleurs pour bien percevoir l’horreur ? C’est un peu une analogie aux costumes de Saul dans Breaking Bad, qui était l’une des choses les plus marrantes de la série. (…) C’est amusant d’avoir, à chaque générique, une petite dose de ce que cet homme veut devenir.

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Surnommé McGyver pendant mes très jeunes années et Dawson pendant mes années un peu moins jeunes, le cinéma et les séries me collent à la peau depuis un bon petit moment maintenant. En 2002, 24h chrono a été la première addiction d'une longue série. J'écris depuis près de dix ans sur de nombreux forums, blogs et magazines consacrées au petit écran. Un top 5 ? Six Feet Under, Breaking Bad, The Shield, Boardwalk Empire, Mad Men et Lost (ça fait 6 je sais, mais la liste pourrait encore durer !). Vince Gilligan si tu me lis, je t'adore ! Et si tu cherches quelqu'un pour te servir le café et ramener des donuts, je candidate.

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