Review – Frank

Les Irlandais ont décidément la côte cette année. Nommé au Festival de Sundance et présenté au Festival SXSW, Frank, le célèbre musicien au masque en papier mâché débarque dans les salles françaises.

Frank est le genre de film typique issu du cinéma indépendant projeté à Sundance : il dispose d’un scénario original et est un ovni de qualité. À Dublin, difficile de passer à côté, vu la campagne de street-marketing virale mise en place pour promouvoir le film. À l’aide du hashtag #findfrank, les habitants devaient retrouver Frank dans la ville (une personne portant le fameux masque) et gagner ainsi des places pour l’avant-première en présence de l’équipe du film.

Pour son 4ème long-métrage, Lenny Abrahamson (What Richard Did) s’est intéressé à une histoire vraie, celle de Frank Sidebottom, l’alter ego du musicien Chris Sievey du groupe au nom imprononçable Sonorfbps, qui dissimulait sa véritable identité à l’aide d’un masque en papier mâché. L’hommage s’arrête là, le film ne raconte en rien la véritable histoire de ce musicien et s’inspire surtout d’un article rédigé par Jon Ronson, le claviériste du groupe. Le film suit donc la rencontre entre Jon Burroughs (Domhnall Gleeson) et les membres du groupe.

Le sujet de la différence

Tout au long du film un sujet revient sans cesse, celui de la différence et de son acceptation. Ainsi, le groupe de Frank propose une musique atypique, psychédélique et sans doute difficilement accessible pour certains. La question se pose également avec Frank lui-même : pourquoi cette obstination à porter le masque en papier mâché, pour lequel il ne cesse de mentionner son « certificat » l’y autorisant ? Jon conclut finalement que cela pourrait résulter d’un traumatisme. Ou peut-être alors est-il défiguré ? Les spéculations se multiplient et le spectateur se demande sans cesse ce qu’il a bien pu lui arriver. Le film est beau car il tend à prouver que malgré sa différence, Frank n’en reste pas moins un musicien talentueux et unique, ce qui fait son charme et sa force.

Une comédie noire

Le film a beau traiter d’un sujet sérieux, il n’en reste pas moins une comédie, et on passe beaucoup de temps à rire des tribulations de ce groupe peu ordinaire. Le film reste poignant pour le jeu d’équilibre qu’il propose entre humour et scènes touchantes et dramatiques. On suit l’évolution des personnages en se demandant si Jon va subir la malédiction qui a semblé frapper tous les claviéristes du groupe qui se sont succédé. Sa rencontre avec Frank va être déterminante, car malgré son caractère singulier, Frank devient peu à peu une figure de mentor pour Jon. Cet échange marque ainsi un tournant dans le futur du groupe.

Des acteurs talentueux

Il peut être difficile de juger le jeu d’acteur de Michael Fassbender (Shame, X-Men Origins) puisqu’il passe la majorité du film avec un masque sur la tête. Cette contrainte l’oblige justement à user et forcer un langage corporel ce qui caractérise la réussite de son jeu. Quant à la famille Gleeson – c’est bien connu – elle regorge de talent. Domhnall (Harry Potter, About Time) nous montre une fois de plus qu’il est aussi à l’aise dans une comédie que dans un drame. L’acteur, qui a rejoint le très prestigieux casting du prochain Star Wars est peut-être même ici dans un de ses meilleurs rôles. On a donc hâte de le voir dans un prochain film en lui souhaitant la même carrière que son père. Enfin, Maggie Gyllenhaal (Donnie Darko, Le Sourire De Mona Lisa) interprète Clara, un personnage complètement névrosé qui en fait voir de toutes les couleurs au pauvre Jon. L’actrice au Golden Globes pour son rôle dans The Honorable Woman nous livre ici une interprétation assez pittoresque.

On préfère vous prévenir, ce film ne plaira pas à tout le monde, il reste assez atypique et on assiste parfois à des scènes complètement loufoques, mais il a le mérite de délivrer un très beau message et après tout, c’est ce dont on a besoin en ce début d’année.

À voir dès le 4 février dans les salles françaises !

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Passionnée de cinéma (très éclectique, tant que c'est en VO) et de musique. Je suis également une grande sérievore (j'ai arrêté de compter) et adore la littérature anglo-saxonne.

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