Review : Mad Dogs, quatre garçons plein d’avenir.

Soleil zénithal, chemises orange, palmiers luxuriants et piscine javelisée. Mais ne vous fiez pas aux apparences dans ce décor digne d’Entourage. Mad Dogs, la nouvelle série de Shawn Ryan que propose Amazon Studios tient davantage du polar très sombre et névrosé. Un oxymore parfait.

A l’origine, une série anglaise au titre éponyme, déclinée en quatre saisons avec John Simm et Ben Chaplin (qu’on retrouve dans cette adaptation), où quatre amis en pleine crise du quadra sont invités pour des vacances chez un de leur ami en commun, dans une villa au Belize. Quelques bières sur un transat ne suffisent pas à effacer le goût de l’amertume ou de la rancune, et les sourires de façade ne manquent pas de tomber après…la chèvre morte retrouvée dans la piscine (toute coïncidence avec Le Parrain est purement fortuite). Cris Cole, le créateur de la version 1.0 s’associe alors avec Shawn Ryan (The Shield, The Unit) pour une réplique quasi identique du pilot diffusé sur Sky1, l’humour british en moins.

En raison des moyens utilisés (grues, hélicoptères) mais aussi par ses nombreux inserts, l’image est soignée et cinématographique à la fois. Une technique propre aux films policiers que de focaliser par gros plans l’attention sur des détails dont on dévoile a posteriori leur importance, quand ils n’ont pas un intérêt purement symbolique. Ainsi, à la manière des réalisateurs de Breaking Bad, captant tous ces petits indices (le nounours rose dans la saison 2) ou éléments du décor qui ne contribuent pas à la narration, on instaure un climat d’étrangeté et un rapport au temps dénaturé.

Un néon qui saute ou bien les rouages acérés du portail d’entrée, évoquant la mécanique dangereuse dans laquelle sont jetés les protagonistes… Toutes ces choses révèlent l’envers d’un cadre onirique et fonctionnel en apparence, mais qui finalement, témoigne de la nature dysfonctionnelle et détraquée des relations entre ces personnages, tenant au silence leurs secrets avant qu’ils n’implosent à la face de tous. Ainsi, le montage ne semble jamais essoufflé, multipliant les perspectives à la manière d’un Danny Boyle (dans 127 heures par exemple) et ne manquant jamais un échange de regards suspect : de l’eau a coulé sous les ponts entre ces hommes et leur histoire n’a rien d’un long fleuve tranquille fait de longs plans-séquences apaisants.

Il y a, dès ce pilot, un propos en toile de fond sur le temps qui passe, insaisissable, ne laissant aucune chance en rapprochant ces cinq personnages plus près de la mort à chaque instant. Cette amitié prise au piège face à un ressac de mensonges et de manipulations les force donc à tenir un bilan sur leurs accomplissements. Milo, le riche homme d’affaire est incarné par Billy Zane (le gros douchebag prétentieux dans Titanic, c’est lui), et on retrouve d’autres pointures comme Michael Imperioli (Les Soprano) ou Steve Zahn (Treme). Pour le reste, tout reste conforme à la série originale et on ne peut que vous conseiller de passer votre route si vous avez déjà dévoré ses quatre saisons.

Autrement, si vous êtes à court de comédie noire inspirée de frères Coen (peut-être en attendant Fargo ou Bloodline sur Netflix), passez commande auprès d’Amazon et faites entendre votre voix pour conserver Mad Dogs ! Face à The Man In The High Castle, la lutte risque d’être serrée…

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Surnommé McGyver pendant mes très jeunes années et Dawson pendant mes années un peu moins jeunes, le cinéma et les séries me collent à la peau depuis un bon petit moment maintenant. En 2002, 24h chrono a été la première addiction d'une longue série. J'écris depuis près de dix ans sur de nombreux forums, blogs et magazines consacrées au petit écran. Un top 5 ? Six Feet Under, Breaking Bad, The Shield, Boardwalk Empire, Mad Men et Lost (ça fait 6 je sais, mais la liste pourrait encore durer !). Vince Gilligan si tu me lis, je t'adore ! Et si tu cherches quelqu'un pour te servir le café et ramener des donuts, je candidate.

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