Interview : Andonian

A l’occasion de leur live de demain au Nouveau Casino et de la sortie à venir de leur EP sur Moodfamily (attention, exclu mondiale en fin d’interview) on a été rencontrer la moitié d’Andonian, Viken Arman, jeune producteur aux dents longues dont les EP’s sortis sur Délicieuse Records ravissent les amateurs de house mélodieuse.

 

Commençons par le commencement : vous avez quel âge ? Comment êtes-vous arrivés à la musique électronique ?

On a 24 ans. En fait, j’ai commencé la musique électronique avec Anthony (mon acolyte sur Andonian) il y a maintenant une petite dizaine d’années. A l’époque on faisait de la Progressive. On se connaît depuis tout jeune, et on a eu un peu le même parcours musical. Quand j’ai lancé mon projet solo, qui a pour empreinte d’être très mélodieux, j’ai toujours été un peu frustré car en club j’adore jouer légèrement plus techno. Donc on a décidé de reformer notre duo d’antan et de balancer des prods plus sombres, plus analogiques.

Viken, Tu cites beaucoup d’influences très éclectiques (de Satie à Villalobos et Trentemoller), comment tu arrives à faire cohabiter tout ça dans tes morceaux ?

Ca fait partie de mon éducation musicale, j’ai grandi avec la musique classique, le jazz, le rock, le hip hop, la techno. Du coup c’est assez inconscient. Tu produis en fonction des sonorités qui te sont familières.

Tu fais partie des (rares) producteurs dont le son est reconnaissable quasi instantanément ­ notamment grâce à tes synthés. ­ Comment es-tu arrivé à ce résultat ?

Chaque producteur a sa touche artistique, le son qui le fait vibrer. Ce « résultat » est finalement très instinctif. Pour ma part, je n’ai jamais cherché à apposer une empreinte sonore sur mes morceaux, d’ailleurs je ne remarque jamais vraiment les similitudes entre eux. C’est mon entourage qui est capable de me faire ce genre de remarque. Moi, je fais juste sonner ma track comme je l’entends, sans penser au reste.

Demain soir au Nouveau Casino, vous nous présentez le nouveau live d’Andonian. On doit s’attendre à quoi ?

On a préparé quelque chose d’assez noir, plutôt évolutif en terme de BPM. Il y aura des sonorités un peu mentales. On jouera toutes nos dernières prods. Je ne sais pas encore si on va ramener le Moog Voyager pour l’occasion, en tout cas il y aura de bons synthés analo sur le stage.

Qu’apporte l’interaction entre vous deux à votre musique ? Vos influences et manière de faire sont plutôt antagonistes ou complémentaires ?

A vrai dire, je pense que c’est la seule personne avec qui je pourrais partager un projet. Composer à deux, c’est pas évident, faut bien connaître la personne avec qui tu bosses. Nous, on a grandi ensemble, on a toujours fait du son ensemble, on a les mêmes goûts musicaux, on est fan des mêmes compositeurs. Là où on se complète vraiment, c’est que moi ces dernières années je me suis forgé une véritable culture club. Alors parfois, j’oriente un peu nos tracks lorsqu’on part trop loin. Globalement y a pas de schémas précis, on se met tous les deux sur nos synthés, on laisse tourner un beat et dès qu’on chope un truc intéressant, on enregistre. En fait, l’avantage d’être à deux, c’est de confronter les points de vue, débattre sur telle ou telle sonorité. C’est d’ailleurs pour ça que les processus de création sont plus longs lorsqu’on bosse en binôme.

Tu fais partie du collectif Minimal Trip, tu peux nous en dire plus sur ce projet ?

Minimal Trip c’est un projet de potes. On a commencé en 2011. On était 4, avec Nadim, Pierre et Marco. Et puis maintenant, tous nos amis ont plus ou moins rejoint le collectif. On est à présent une bonne dizaine. Le concept de base était de faire un focus sur un artiste étranger qui représentait un pays, et de le booker pour la première fois à Paris. La plus belle réussite avec ce projet, c’est pas forcément d’avoir réussi à organiser des soirées dans les plus beaux clubs de Paris, mais vraiment d’avoir pu tisser un réseau d’artistes à l’international. La plupart des gars qu’on a ramenés sont devenus de bons amis, je pense notamment à Applescal ou encore Jesper Ryom. Aujourd’hui, on privilégie surtout la découverte de pépites, comme Lehar, qui vient de sortir un superbe EP sur Connaisseur Records, remixé par Mario Basanov (Ten Walls).

Depuis quelques années on parle beaucoup du renouveau de la nuit à Paris, en tant qu’organisateurs et producteurs vous en êtes acteurs à plusieurs titres, c’est quoi votre avis là­-dessus ?

C’est génial, même si ça commence à saturer un peu je trouve. Tu sais, on sort assez peu en dehors de nos propres soirées finalement. J’ai pas honte de le dire. Y a des gars qui se bougent le cul pour sortir des sentiers battus, je citerai le crew OTTO10. Mais sincèrement, ça reste les mêmes promoteurs qui gèrent les mêmes lieux. Qu’est ce que tu veux que je te dise ? Que la nuit à Paris c’est incroyable ? En terme de programmation, c’est sur qu’on est pas à plaindre. Tous les weekends tu as de beaux line-up, y a des bons festivals qui se montent, rien à redire : je suis le premier ravi. Après, quand j’entends parler de « mouvement », c’est des conneries. C’est très naïf. Ca reste du business. La vraie révolution, c’est facebook, soundcloud. Et la MD !

Les labels de Paris et d’ailleurs à suivre pour les prochains mois/années selon vous ?

Y en a des centaines ! En label parisien je citerai Platon Records. Ensuite en label international, ce que sort Boso est juste mortel. Pour les trucs plus sales, le tout récent label Parachute Records va arracher !

S’il ne devait en rester qu’un : un compostieur classique ; un label ; un producteur électronique ?

Impossible de répondre. Mais on est cool : Debussy, Kompakt  et Floating Points

Qu’est ce qu’on peut vous souhaiter pour 2015 ­ qui jusqu’ici s’annonce assez compliqué ?

On voudrait juste un Clava Nord Stage EX 88 pour compléter notre jolie collection de synthés.

Dernière chose, il y a un remix de Vaal sur Sometimes You Fall, votre EP prévu pour le début du mois prochain sur Moodfamily, une chance qu’on l’entende demain soir ?

Etant donné qu’on joue en live, je ne pense pas qu’on le jouera au Nouveau Casino, mais qui sait, on en passera peut être un bout. Sinon faudra attendre le 2 février.

 

A défaut de l’entendre au Nouveau Casino demain soir (on vous fait gagner des places juste ici), on vous laisse découvrir le preview de l’EP que vous pourrez choper le 2 février. Bonne écoute !

 

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