Review : Calvary – Killing a priest on a Sunday

Les frères McDonagh ont l’habitude de nous régaler. Si Martin McDonagh est plus connu pour les films d’humour noir (Bons baisers de Bruges, 7 psychopathes) John Michael McDonagh, lui se place dans un autre registre et arrive trois ans après l’Irlandais, avec son nouveau film : Calvary.

À l’affiche, son acteur fétiche Brendan Gleeson (Maugrey Fol’œil dans la saga Harry Potter) qui, après avoir interprété un policier dans L’Irlandais campe ici un prêtre, le père James.

Ce dernier se retrouve menacé de mort durant une confession, et n’a que 7 jours, jusqu’au dimanche qui suit, pour découvrir lequel de ses paroissiens veut sa mort.

C’est un pitch très noir que nous livre le réalisateur, pour un film qui met l’accent sur les limites de la foi. Le film nous confronte à un prêtre pieux et dévoué à ses paroissiens qui ne comprend pas pourquoi quelqu’un chercherait à l’éliminer. Son futur meurtrier lui annonçant justement que c’est parce qu’il est innocent, parce qu’il n’a rien fait qu’il doit partir. Aller voir la police serait rompre le vœu qu’il a fait de garder le silence sur les confessions entendues, alors doit-il accepter son destin, cette fatalité ?

On suit les vies tumultueuses des habitants d’un village situé dans le comté de Sligo en Irlande et, comme dans un Cluedo, on essaye de trouver le meurtrier. Qui cela pourrait-il bien être ? Le boucher (Chris O’dowd), le patron du pub local ou peut-être même le médecin (Aidan Gillan, Littlefinger dans Game of Thrones), ils semblent tous pouvoir être le coupable. Qui sait ?

Le père James se retrouve rattrapé par son passé, ses démons refont surface peu à peu, avec la visite de sa fille Fiona, interprétée par la brillante et sublime Kelly Reilly (Wendy dans la saga l’Auberge Espagnole).

Ce film est d’une qualité remarquable pour la profondeur des personnages qu’il nous livre. Il n’est pas manichéen, ici tout n’est pas noir ou blanc et chaque personnage est vrai, livré avec ses failles et ses blessures. On comprend que même ce prêtre, un homme d’Eglise n’est pas infaillible et a aussi ses fêlures.

L’histoire sous-jacente du film est aussi intéressante, à une époque où l’Irlande a connu de nombreux déboires avec les accusations de crimes sexuels sur des enfants par des membres de l’Eglise. On traite ici aussi subtilement de cela, sans jamais en faire trop, et même sans jamais vouloir rentrer dans ce débat là.

Je ne vais pas raconter l’issue du film, mais la fin est également d’une justesse et d’une beauté sans nom.

Calvary, c’est donc l’histoire d’une vengeance, d’une douleur incomprise et d’un mal irréparable.

Vous pouvez retrouver le film dans les salles françaises le 26 novembre, en attendant, voici sa bande annonce.

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Passionnée de cinéma (très éclectique, tant que c'est en VO) et de musique. Je suis également une grande sérievore (j'ai arrêté de compter) et adore la littérature anglo-saxonne.

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